Une nouvelle usine. Une présence sur les tablettes de plus de 200 magasins aux États-Unis. Un regard sur l’Asie. Groupe Legault, propriétaire de Mondou – détaillant québécois de produits pour animaux – voit grand. Et pour cause, l’industrie mondiale de la nourriture pour chiens et chats devrait connaître une croissance annuelle de 6 % jusqu’en 2022, selon un rapport d’Agriculture et Agroalimentaire Canada.

Nathaëlle Morissette Nathaëlle Morissette
La Presse

« La nourriture produite au Canada est reconnue mondialement comme étant de la nourriture de qualité, surtout en Asie, souligne Martin Deschênes, chef de la direction de Groupe Legault, au cours d’une entrevue en marge de l’inauguration d’un tout nouveau magasin d’une superficie de 10 000 pieds carrés, situé à Anjou, non loin du siège social de l’entreprise. Ils [les Asiatiques] recherchent le drapeau canadien. On s’est mis à comparer notre nourriture avec tout ce qui se fait. On s’est dit : “On a une nourriture de calibre international. On a le goût d’y aller.” »

À travers ses 66 succursales au Québec, Mondou vend quelque 3000 produits pour animaux, dont plusieurs marques de nourriture pour chiens et chats. Parmi ses gammes, l’entreprise commercialise Vetdiet, sa marque exclusive qu’elle fait produire dans deux usines en Ontario. Mais d’ici un an et demi, les croquettes seront fabriquées à Drummondville. Le projet de l’usine Jupiter, d’une valeur de 45 millions de dollars, est né d’une association entre Groupe Inovo, une entreprise avicole familiale, et Groupe Legault. 

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Mondou commercialise Vetdiet, sa marque exclusive.

« On est en croissance et il n’y a pas beaucoup d’usines dans l’est de l’Amérique du Nord, précise M. Deschênes. On voulait être sûrs d’avoir cette capacité de production là pour approvisionner Mondou, en plus du marché américain. » L’usine a la capacité de produire environ 25 000 tonnes de nourriture sèche par année.

Sur le plan mondial, le Canada se classe au huitième rang des pays exportateurs d’aliments pour chiens et chats – l’Allemagne et la France occupent respectivement la première et la deuxième position – pour des ventes totales de 525,3 millions US en 2017. Près de la moitié des exportations canadiennes sont destinées aux États-Unis. « Notre objectif, c’est d’être partout aux États-Unis, affirme Martin Deschênes. Mais encore là, on a commencé par un territoire. »

Il n’est toutefois pas question d’ouvrir des magasins Mondou chez nos voisins du Sud. « Là-bas, on est en mode distribution. On envoie les produits [Vetdiet] là-bas à un distributeur qui, lui, cherche les détaillants pour les mettre sur les tablettes. »

Pour le moment, Vetdiet se retrouve sur les étalages de 200 magasins du Midwest américain. « Si jamais ça se met à trop bien aller, des phases deux et trois d’agrandissement sont déjà prévues », assure M. Deschênes.

Et l’Asie, considérée comme un marché émergent dans le domaine, fait-elle partie des plans de Groupe Legault ? 

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Martin Deschênes

L’important, c’est de réussir aux États-Unis avant de dire qu’on va faire autre chose. Mais est-ce qu’on y pense ? Oui, c’est clair. Mais on veut faire les choses dans le bon ordre, de la bonne façon.

Martin Deschênes, chef de la direction de Groupe Legault

Pendant ce temps, les magasins Mondou, qui se trouvent uniquement au Québec, semblent avoir le vent dans les voiles. « Mondou est en croissance, souligne Martin Deschênes. On ouvre des magasins chaque année. »

Une succursale ouvrira sous peu à Brossard. L’entreprise regarde aussi du côté de l’Abitibi et du Lac-Saint-Jean. « Notre liste est faite et on est sur le terrain en train de chercher des emplacements. On sait où on s’en va. Il n’y a pas d’improvisation. »