Acquisition: Dollarama à la conquête de l'Amérique du Sud

Dollarama achète 50,1 % de Dollarcity, une chaîne de... (PHOTO PAUL CHIASSON, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

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Dollarama achète 50,1 % de Dollarcity, une chaîne de magasins qui prévoit étendre sa présence dans neuf pays d'Amérique du Sud.

PHOTO PAUL CHIASSON, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Après avoir installé son logo vert et jaune d'un bout à l'autre du Canada au cours des 27 dernières années, Dollarama fait le saut à l'étranger. L'entreprise montréalaise achète 50,1 % de Dollarcity, une chaîne de magasins qui prévoit étendre sa présence dans neuf pays d'Amérique du Sud.

Après les Aldo, Couche-Tard et La Vie en Rose du Québec, au tour de Dollarama de s'établir à l'international dans l'espoir de poursuivre sa croissance.

Le moyen choisi : acquérir 50,1 % du détaillant à bas prix latino-américain Dollarcity. Les deux entreprises collaboraient déjà depuis 2013 ; Dollarama lui vendait au prix coûtant de la marchandise, en plus de lui fournir de l'expertise (TI, entre autres). Dollarama avait jusqu'en février 2020 pour exercer son option d'achat.

Hier, personne n'a été surpris d'apprendre que la transaction s'était concrétisée.

Mais le prix qui sera payé est inférieur à ce qui était attendu par certains analystes du secteur de la vente au détail. Dollarama prévoit allonger « entre 85 et 90 millions US (112 à 125 millions CAN) », soit cinq fois le BAIIA (bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement) de la prochaine année, déduction faite de la dette.

Cette somme semble une aubaine pour Derek Dley, de Canaccord Genuity, qui s'attendait plutôt à un prix d'acquisition d'environ huit fois le BAIIA. De plus, « la transaction est beaucoup plus relutive [entraîne une augmentation de la rentabilité et du bénéfice par action] pour Dollarama qu'anticipé précédemment », a-t-il souligné.

« Les termes de la transaction sont plus favorables qu'anticipé », a renchéri sa consoeur Irene Natelle, de RBC Dominion valeurs mobilières.

Aucun risque

En entrevue avec La Presse, le chef de la direction financière de Dollarama, Michael Ross, a indiqué que la transaction avait été annoncée hier « tout simplement parce qu'on était prêts [...]. Ça ne servait à rien d'attendre ».

Au cours des derniers mois, le « potentiel » de la Colombie - avec ses 50 millions d'habitants et « ses grandes villes denses » - a été étudié, a précisé le dirigeant. Ce travail étant maintenant terminé et les conclusions étant prometteuses, Dollarama n'avait plus de raisons d'attendre pour concrétiser la première acquisition d'une chaîne de magasins de son histoire.

D'ici 10 ans, Dollarcity prévoit exploiter 600 magasins dans les trois pays où elle exerce actuellement ses activités, « la majorité de cette croissance devant avoir lieu en Colombie », a-t-on précisé. Le détaillant planifie 40 inaugurations par année, un rythme inférieur à celui qui est prévu au Canada (de 60 à 70 magasins/an).

Mais l'entente entre les deux détaillants va plus loin, puisqu'elle couvre neuf pays : Colombie, Costa Rica, Équateur, Salvador, Guatemala, Honduras, Nicaragua, Panamá et Pérou.

« Les risques sont derrière nous », a par ailleurs insisté Michael Ross, rappelant que normalement, dans une transaction, l'intégration commence après la clôture. Cette fois, étant donné que les magasins d'Amérique du Sud sont déjà identiques à ceux du Canada, qu'ils vendent à peu près la même chose et que les systèmes informatiques sont les mêmes, le mariage ne peut pas vraiment dérailler.

Les trois raisons d'aimer

L'expert en vente au détail Bruce Winder, qui travaille dans la région de Toronto, aime la stratégie de Dollarama pour trois raisons. « Ce n'est pas une transaction énorme. S'ils avaient acheté une entreprise pour 2 milliards de dollars, ça m'aurait inquiété. Ç'aurait été dur à diriger. Mais là, c'est une toute petite transaction sympathique », nous a-t-il dit, au bout du fil.

Deuxième raison : les deux partenaires se connaissent déjà depuis des années, ce qui minimise les risques de tensions.

Enfin, note M. Winder, « ce n'est pas trop risqué, car il y a peu de concurrents. S'ils étaient allés aux États-Unis, je serais plus nerveux. Ils ont déjà beaucoup de chaînes [de magasins comparables] ». Michael Ross estime néanmoins qu'il y a bon nombre de concurrents, et il nous en a nommé rapidement une poignée.

« Cette acquisition, qui devrait entraîner une augmentation immédiate de notre résultat, permet à Dollarama de mettre en place une deuxième plateforme de croissance, complémentaire à notre stratégie de croissance canadienne », a déclaré Neil Rossy, président et chef de la direction de Dollarama, dans un communiqué. Il n'était pas disponible pour nous parler. Plus précisément, le détaillant s'attend à ce que Dollarcity entraîne une augmentation immédiate de son résultat de 0,02 $ à 0,03 $ par action pour le reste de l'exercice en cours et de 0,05 $ à 0,07 $ par action pour le suivant.

Dollarcity en bref

Fondation : 2009

Siège social : Panamá

Magasins : 180 (44 au Salvador, 54 au Guatemala, 82 en Colombie)

Ventes du dernier exercice :  236 millions US (avec 169 magasins)

Superficie des magasins : 6500 pieds carrés en moyenne

Employés : 2220




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