La société d'État du secteur du cuivre au Chili affirme avoir mis fin à son contrat avec SNC-Lavalin, accusant l'entreprise québécoise d'ingénierie de ne pas avoir respecté ses obligations.

Mis à jour le 25 mars 2019
LA PRESSE CANADIENNE

SNC-Lavalin se dit « consternée » et « surprise » par la décision de Codelco.

Codelco soutient que SNC-Lavalin n'a pas respecté ses engagements en vertu d'un contrat de 260 millions US lié à l'une des plus grandes mines de cuivre au monde, soulignant des problèmes de qualité et des retards dans les paiements à des sous-traitants et dans l'exécution du projet.

Le contrat, décerné en novembre 2016, incluait l'ingénierie, l'approvisionnement et la construction de deux nouvelles usines d'acide pour une fonderie à la mine Chuquicamata dans le nord du Chili.

La firme d'ingénierie a abaissé ses prévisions de bénéfices pour l'exercice 2018 à deux reprises en deux semaines plus tôt cette année, principalement à cause des problèmes avec ce projet et de la glissade de ses actions à des creux de 10 ans, à environ 34 $.

SNC-Lavalin a annoncé le mois dernier avoir convenu de régler un litige avec la société minière chilienne par l'entremise d'un processus d'arbitrage accéléré, qui devait permettre de récupérer dans le futur une partie importante de pertes d'environ 350 millions.

SNC-Lavalin a confirmé par communiqué que Codelco avait mis fin au contrat et avait « entamé un prélèvement sur ses garanties bancaires de 42 millions US ».

« Nous sommes d'avis que la résiliation de ce contrat est non fondée et constitue un manquement à l'entente conclue de bonne foi par les parties prenantes », a fait valoir l'entreprise établie à Montréal.

« Il est à noter que Codelco a pris cette décision après que SNC-Lavalin l'ait informée ouvertement de l'état d'avancement des travaux, à sa demande. Cet état d'avancement a montré des délais dus aux conditions du chantier, qui étaient de la responsabilité de Codelco, ainsi que des travaux injustifiés et de piètre qualité réalisés par les sous-traitants principaux en construction », a-t-on ajouté.

SNC-Lavalin a dit préparer le processus d'arbitrage en vue « de récupérer le plus possible les pertes », qui sont imputables directement au client et « à la piètre performance des sous-traitants ».