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Une troisième entreprise de Caroline Néron endettée

Caroline Néron... (Photo Alain Roberge, archives La Presse)

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Caroline Néron

Photo Alain Roberge, archives La Presse

Marie-Eve Fournier, STÉPHANIE VALLET
La Presse

Les dettes des entreprises de Caroline Néron sont plus élevées que ne l'indiquent les documents officiels de sa restructuration judiciaire. En plus des 9 millions dus aux créanciers de Néron inc. et de Boutiques Néron, une troisième entité, Royautés Néron, doit plusieurs millions à l'homme d'affaires Réal Bouclin, ex-mari de Mme Néron.

Selon le Registre des entreprises du Québec, Royautés Néron chapeaute Néron inc. et Boutiques Néron inc. Contrairement aux deux autres, Royautés Néron ne s'est pas placée à l'abri de ses créanciers la semaine dernière. Détenue par Caroline Néron et sa soeur Nathalie, elle est néanmoins endettée.

Selon des documents publics, Royautés Néron a contracté en 2017 un prêt substantiel à une société à numéro détenue par Réal Bouclin. Des garanties (stocks, meubles, véhicules routiers, marques de commerce, etc.) ont été obtenues au moyen d'une hypothèque de 3 millions de dollars.

Réal Bouclin est propriétaire de la chaîne de résidences pour retraités Réseau Sélection, dont les actifs vaudraient 3 milliards.

La femme d'affaires, toujours par l'entremise de Royautés Néron, a emprunté une autre somme importante à M. Bouclin au printemps 2018. Des garanties ont été obtenues au moyen d'une autre hypothèque, cette fois d'un million de dollars.

Ces deux prêts s'ajoutent aux 736 000 $ qui sont dus à M. Bouclin par Néron inc. Ce dernier montant est précisé dans les documents préliminaires préparés par le syndic dans le dossier, BDO Canada.

Plusieurs sources proches du dossier indiquent qu'au total, les entreprises de Mme Néron doivent désormais à M. Bouclin un montant qui frôle les 5 millions de dollars. Cela comprend entre autres les prêts mentionnés plus haut et les intérêts accumulés.

Par l'entremise d'un courriel du cabinet de relations publiques National, Caroline Néron a affirmé à La Presse que le montant de 5 millions était « erroné ». Il n'a pas été possible d'obtenir sa version des faits, malgré nos nombreuses démarches pour obtenir une entrevue depuis 10 jours. Elle a toutefois participé jeudi soir à l'enregistrement de Tout le monde en parle, émission qui sera diffusée demain.

M. Bouclin a préféré lui aussi ne pas nous parler, la procédure de divorce étant en cours. Par écrit, il a toutefois déclaré qu'il souhaitait « que l'entreprise se remette sur pied rapidement ».

« Je suis d'ailleurs de tout coeur avec ceux qui ont perdu leur emploi. [...] Je souhaite que le plan présenté soit viable, qu'il assure la survie de l'entreprise et le maintien des emplois. »

Les registres publics font aussi état d'un prêt obtenu par Royautés Néron en 2016 auprès de la Corporation financière Norty. Ce prêteur alternatif a lui aussi exigé une garantie - en l'occurrence la police d'assurance-vie de 2 millions de dollars de Caroline Néron - au moyen d'une hypothèque de 800 000 $.

Ce prêt est pratiquement remboursé, selon le président Normand Caty. « Je ne sais pas c'est quoi qui peut rester, mais quant à moi, c'est vraiment minime. C'est entre les mains de mon comptable. »

Les registres consultés par La Presse ne font pas état de l'ensemble des prêts, mais seulement des hypothèques qui servent de garanties pour certains prêts.

Selon le syndic à l'avis d'intention, Ronald Gagnon de BDO Canada, « il n'y a pas d'argent dans Royautés Néron à ce que je sache ». La semaine dernière, il avait affirmé à La Presse ne pas savoir pourquoi sa cliente avait décidé de ne pas placer cette entité à l'abri de ses créanciers. « C'est une décision que ma cliente a prise. Je ne traite que les mandats donnés par mes clients. »

À deux cheveux de la faillite au printemps dernier

La chaîne de boutiques de bijoux Caroline Néron a évité la faillite in extremis au printemps dernier. La Banque Royale avait décidé de ne plus la financer. C'est à ce moment que Fiera Capital est entré en scène. Un prêt de 5 millions de dollars, cautionné par une entreprise de M. Bouclin, a été accordé à la PME, qui compte 14 boutiques. L'homme d'affaires a lui aussi injecté des fonds à cette époque.

Ces injections de fonds additionnels n'ont pas empêché l'entreprise de manquer de liquidités quelques mois plus tard pour remplir ses obligations. Elle s'est placée sous la protection de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité le 10 janvier.

La somme due aux quelque 155 employés s'élève à 299 198 $. Les autres principaux créanciers connus de Néron inc. et de Boutiques Néron, outre Fiera Capital (5 millions) et Réal Bouclin (736 000 $), sont Caroline Néron (711 000 $), Revenu Québec (1,43 million), l'Agence du revenu du Canada (125 000 $) et la compagnie de transport Impenco (112 000 $).




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