Déjà présente à Place Ville Marie, la société WeWork a signé un autre bail avec la filiale immobilière de la Caisse de dépôt et placement, au centre-ville de Montréal.

André Dubuc
André Dubuc La Presse

Le spécialiste des espaces collaboratifs loue cette fois au Herald, au 455, rue Saint-Antoine Ouest, un édifice faisant partie du centre d’affaires de la Caisse de dépôt. La prise de possession est prévue pour 2020.

WeWork, qui offre des espaces de travail clés en main à ses clients, y occupera un peu moins de 20 000 pi2 aux 7e et 8e étages, en remplacement des avocats Robic, maintenant au 630, boulevard René-Lévesque Ouest.

L’information provient de la plus récente étude de marché de l’agence immobilière Jones Lang LaSalle (JLL). Ivanhoé a confirmé la signature du bail, sans toutefois s’avancer sur la superficie. WeWork n’a pas voulu commenter publiquement.

Le porte-parole d’Ivanhoé, Sébastien Théberge, précise que le bail en question a été signé en juillet 2019, bien avant que n’éclate la controverse au sujet de WeWork.

Dernières semaines mouvementées

Hier, le président exécutif du conseil de WeWork, Marcelo Claure, a écrit une note aux employés les prévenant que des licenciements étaient requis pour rétablir la rentabilité de l’organisation dans la foulée du sauvetage financier de 9,5 milliards US orchestré par SoftBank mardi.

Selon un article du New York Times, la banque nipponne exigerait de WeWork la fermeture de divisions déficitaires, des mises à pied massives, de même que son départ de villes pour lesquelles il n’existe pas de perspectives de profit avant trois ans.

Les dernières semaines ont été mouvementées pour la société américaine, qui a dû annuler son premier appel public à l’épargne à la suite d’inquiétudes concernant sa solidité financière et certains agissements de son ex-chef de la direction Adam Neumann. L’agence de notation Fitch met aussi en doute la viabilité du plan d’affaires de la société.

Ces soubresauts n’ébranlent pas la confiance que lui porte Ivanhoé Cambridge.

La tendance des espaces collaboratifs est là pour de bon. La demande forte ne fera qu’augmenter et cette nouvelle adresse vient répondre à cette demande.

Peter Picciola, vice-président, location de bureaux, Québec, pour Ivanhoé Cambridge

La Caisse et WeWork entretiennent une relation soutenue. En plus d’être son bailleur, l’institution québécoise est son partenaire dans une coentreprise immobilière controversée.

Le 15 mai dernier, la Caisse annonçait un partenariat avec WeWork sous la forme d’un investissement de 1 milliard dans la coentreprise ARK. Cet investissement a fait des vagues à l’interne chez Ivanhoé et au conseil d’administration de la Caisse, selon Le Journal de Montréal. Le même quotidien rapportait lundi que le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, remettait en question le bien-fondé de cet investissement.

Cette sortie politique a forcé Ivanhoé Cambridge à publier un communiqué lundi matin précisant que l’investisseur institutionnel n’avait pas investi directement dans WeWork, mais dans une coentreprise dans laquelle Ivanhoé a investi pour le moment 85 millions US dans deux immeubles : à Austin et à San Francisco.

WeWork, désormais un locataire majeur du centre-ville

Avec ce plus récent bail, WeWork a loué 200 000 pi2 en 2019, soit près de 20 % de l’absorption nette qu’a connue le centre-ville depuis le début de l’année, selon JLL. L’absorption mesure l’accroissement net de la demande dans le bureau pour une période donnée. La superficie louée de bureaux au centre-ville a ainsi augmenté de 1,2 million de pieds carrés après trois trimestres en 2019, ce qui est plus élevé que le rythme normal.

Outre le Herald, WeWork a loué 4 étages pour 120 000 pieds carrés chez Canpro au 1010, rue Sainte-Catherine Ouest, et 64 000 pi2 chez Humanity, propriété de Cogir. Avant cette année, WeWork avait pris des étages à Place Ville Marie, chez Ivanhoé, et à L’Avenue, qui appartient à Bentall.

— Avec la collaboration de Martin Vallières, La Presse