(San Francisco) Amazon a déçu Wall Street jeudi avec un bénéfice net en recul de 27,6 % sur un an à 2,1 milliards de dollars, bien inférieur aux attentes, à cause notamment de lourds investissements nécessaires pour assurer les livraisons en 24 heures aux États-Unis.

Agence France-Presse

L’action du géant du commerce en ligne perdait plus de 6 % jeudi lors des échanges électroniques après la clôture de la Bourse de New York.

Les analystes attendaient en effet un bénéfice par action ajusté de 4,62 dollars, mais Amazon n’est parvenu qu’à 4,23 dollars.

Le groupe a en revanche tenu ses promesses avec 70 milliards de dollars de chiffre d’affaires, en hausse de 24 % sur un an, notamment grâce au « Prime day », l’opération annuelle de soldes qui lui a permis d’écouler, sur deux jours en juillet, plus de 175 millions de produits dans 18 pays auprès d’abonnés à son programme de fidélité Prime.

Le bénéfice opérationnel atteint les 3,2 milliards, conformément aux prévisions qui prenaient en compte les dépenses pour la livraison en un jour.

« C’est un gros investissement », admet Jeff Bezos, le fondateur de l’entreprise, dans un communiqué, avant d’ajouter : « sur le long terme c’est la bonne décision pour nos clients. […] Ils adorent cette option, ils ont commandé des milliards de produits de cette façon cette année. »

Ses activités de nuage informatique ont rapporté à Amazon près de 9 milliards de dollars, en hausse de 35 %. La croissance fulgurante du « cloud » ralentit néanmoins un peu plus chaque trimestre. Il y a un an, AWS (le nom du service d’Amazon) progressait de 46 %.

« Amazon a publié des résultats contrastés, avec quelques éléments très positifs mais aussi des nuages à l’horizon pour le “cloud” », commente Andrew Lipsman, analyste chez eMarketer.

« AWS a alimenté l’expansion des profits du groupe dernièrement, mais l’affaiblissement des taux de croissance de l’activité va peser sur ses marges s’ils ne parviennent pas à inverser la tendance », poursuit-il.

Il juge cependant que les investissements dans la livraison ultra rapide seront « payants » à moyen-terme. Ce service a coûté plus de 800 millions à Amazon au deuxième trimestre, plus qu’initialement prévu.

Pour le dernier trimestre 2019 — période clef avec les fêtes de fin d’année — la firme de Seattle prévoit des recettes comprises entre 80 et 86,5 milliards de dollars et un bénéfice opérationnel entre 1,2 et 2,9 milliards, largement inférieur aux 3,8 milliards dégagés au quatrième trimestre 2018.