(New York) Bank of America Merrill Lynch a annoncé mercredi un plongeon de son bénéfice au troisième trimestre en raison d’une charge de 2,1 milliards de dollars due à une dépréciation d’actifs et un litige dans l’immobilier, mais a néanmoins fait mieux que prévu.

Agence France-Presse

Le bénéfice net a chuté de 21,3 %, à 5,27 milliards de dollars, mais une fois rapporté par action et exclus les éléments exceptionnels, il s’établit à 75 cents, soit nettement supérieur aux 51 cents attendus en moyenne par les analystes financiers.  

La rentabilité a pâti de la fin prochaine d’une coentreprise dans les services proposés aux commerçants et de frais juridiques pour régler un litige immobilier, explique la banque.

Hormis ces deux écueils, l’activité de la deuxième banque américaine en terme d’actifs a augmenté, en dépit d’un environnement de taux d’intérêt bas, des incertitudes géopolitiques et des tensions commerciales qui refroidissent les milieux d’affaires et gèlent les investissements.

Le chiffre d’affaires a augmenté de 0,36 %, à 22,8 milliards de dollars, au-dessus des 22,79 milliards anticipés.

Plus significatif : Bank of America a enregistré une hausse de sa marge d’intérêt nette, ressortie à 2,4 %, dans la banque de détail, grâce à une hausse de 7 % des crédits octroyés et de 3 % des dépôts.

L’établissement de Charlotte (Caroline du Nord) est une des banques américaines les plus exposées aux mouvements des taux d’intérêt.

Ainsi l’abaissement, mi-septembre, par la Réserve fédérale (Fed) de son taux directeur dans une fourchette comprise entre 1,75 % et 2 % a fait craindre une érosion des marges de Bank of America car emprunter de l’argent devient de moins en moins cher.

À Wall Street, l’action gagnait 1,58 % vers 7 h 30 dans les échanges électroniques de préséance, les investisseurs semblant soulagés de voir que la banque avait résisté à l’environnement de taux bas.

« Dans une économie qui croît modestement, nous nous concentrons sur ce dont nous avons la maîtrise », a expliqué Brian Moynihan, le PDG, cité dans le communiqué.

Un des points forts du trimestre écoulé a également été la banque d’affaires. Les commissions des banquiers conseillant les entreprises dans différentes transactions - fusions-acquisitions, émissions obligataires ou introductions en Bourse - ont flambé, entraînant une hausse de 8 % des revenus de cette division.

Les recettes générées par les courtiers ont aussi progressé, de l’ordre de 7 %, a indiqué la banque dont le premier actionnaire, Warren Buffett, via sa holding Berkshire Hathaway, veut porter sa participation au-dessus du seuil critique de 10 %.  

M. Buffett détient actuellement 10 % du capital, mais a besoin du feu vert de la Fed pour aller au-delà.