Le nouveau concept de repas santé et rapide est devenu rentable en peu de temps

Isabelle Dubé
Isabelle Dubé La Presse

Après avoir démarré un service de traiteur et de cafétéria virtuelle pour entreprises, le propriétaire de Buddha Station, Christian Genest, a décidé de changer son modèle d’affaires. En retournant à sa table à dessin, il a créé le Buddha frigo et ses Buddha-2-Go déjà dégustés dans une cinquantaine d’entreprises partout dans la province. Il soutient que son nouveau concept est déjà rentable.

En 2017, Christian Genest s’était donné une mission : rendre les repas santé excitants, goûteux et accessibles aux employés par l’entremise de son service de cafétéria virtuelle. Mais après un an, l’entrepreneur s’est rendu compte que son idée de départ méritait d’être réétudiée.

« La belle affaire techno qu’on avait montée ne répondait pas aux besoins, confie-t-il en entrevue avec La Presse. Les employés ne veulent pas décider une semaine et demie à l’avance ce qu’ils vont manger le mardi suivant. »

Au cours de notre rencontre, il cite une statistique qui l’a beaucoup fait réfléchir.

« La majorité des Canadiens, 79 %, décident moins de 30 minutes avant ce qu’ils vont manger. Il faut donc que notre solution soit instinctive, dit-il. Ils ont faim là, ils veulent choisir sur-le-champ ce qu’ils vont manger. »

INSPIRÉ DE LA MACHINE À CAFÉ

Christian Genest s’est inspiré des machines à café qui trônent dans les cuisines et les cafétérias des bureaux, mais qui n’empêchent pas les employés d’aller voir leur barista quand ça leur chante.

« Avec un Buddha frigo, on est directement au bureau à quelques pas du poste de travail, s’enthousiasme-t-il. Déjà, ça met en échec les fast-food que les employés fréquentent, parce que c’est plus rapide. On a aussi ajusté nos prix. Les repas sont de 10 $ à 12 $, taxes incluses. »

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Christian Genest

L’entrepreneur, qui avait créé des recettes de repas à manger le jour même, a dû en créer de nouvelles qui se conservent une semaine. Toujours en gardant des ingrédients frais, santé et qui ont bon goût. Il a ensuite procédé à des tests pour le mode de paiement. Christian Genest avoue qu’il y a eu plusieurs essais : application, texto, iPad et cartes de crédit à puce afin de déverrouiller le frigo. Finalement, il a opté pour une solution simple. Certaines entreprises ont une feuille à cocher à côté du frigo et d’autres, un fichier interne. Mais tous font leur paiement en ligne à la fin de la semaine.

« On vit dans un monde où l’achat doit être rapide et instantané », précise-t-il.

Les repas sont livrés partout au Québec toutes les semaines, sauf en Abitibi-Témiscamingue. Une cinquantaine d’entreprises, dont Creaform, Ubisoft, Du Proprio, AddÉnergie, Frima, Cossette et Lemay Michaud firme d’architecte, ont déjà le Buddha frigo ou offrent des Buddha-2-Go dans leur propre frigo.

L’EXPÉRIENCE FRIGO CHEZ Humanify 360

Humanify 360, spécialisée dans le recrutement pour les entreprises, offre cette option à ses employés depuis un mois.

« Nos clients nous demandent souvent quels avantages ils peuvent offrir à leurs employés pour les garder, raconte le fondateur d’Humanify 360, Patrick Dubois. J’ai voulu offrir à mes propres employés ce qu’on promouvait auprès de nos clients. »

Les bureaux de l’entreprise sont situés dans le Vieux-Montréal, un quartier touristique où les repas coûtent cher et où l’heure du lunch peut s’éterniser. La directrice solutions d’affaires, Charlène Brahim, voyait dans le Buddha frigo une façon d’offrir aux employés majoritairement milléniaux une solution de rechange au lunch maison et à la restauration rapide.

« On a aimé le côté bonheur au travail de Buddha Station, la flexibilité du programme, leurs valeurs écoresponsables avec les contenants qui sont repris et ses ingrédients. On sent que c’est frais, bon et santé. Pour nous, c’est moins cher de manger ces repas que de sortir dans le Vieux-Port. »