Malgré sa présence dans 77 pays et ses 70 millions de visites mensuelles sur son site, Neuvoo est encore perçue huit ans après sa fondation comme une jeune pousse, une étiquette qui peut nuire à l’embauche, reconnaît Lucas Martinez, cofondateur de l’entreprise montréalaise.

Karim Benessaieh
Karim Benessaieh La Presse

L’annonce ce matin par la Caisse de dépôt et placement du Québec d’un investissement de 53 millions sous forme de capital-actions devrait « énormément faciliter le recrutement », souligne-t-il. L’investissement sera réalisé par l’entremise du Fonds CDPQ-IA, doté de 250 millions et annoncé le printemps dernier. En 2018, la Caisse avait déjà investi dans des entreprises technologiques comme Hopper, TrackTik et Breather.

« Neuvoo a développé une technologie unique qui lui assure un positionnement concurrentiel dans le marché du recrutement en ligne », explique par communiqué Charles Émond, premier vice-président et chef des investissements au Québec et Planification stratégique globale de la Caisse de dépôt.

« Muscler » l’entreprise

Neuvoo, un site d’emploi qui mise notamment sur l’intelligence artificielle pour trier les offres, veut embaucher une centaine de personnes dans la prochaine année et doubler ses revenus annuels, qui s’établissent présentement à 75 millions.

« On veut vraiment muscler ce qu’on fait déjà, dit M. Martinez, qui partage le titre de PDG avec les deux autres fondateurs, Benjamin Philion et Maxime Droux. Trouver autant d’employés, juste ici à Montréal, c’est beaucoup et on veut trouver les bonnes personnes. »

En plus de profiter de l’image de marque de la Caisse de dépôt, Neuvoo espère pouvoir utiliser ses contacts et son expertise à travers le monde. Sa croissance est déjà exceptionnelle : établie à 5556 % en cinq ans, elle lui a permis de se placer au 14e rang du 2019 Growth 500 du magazine Canadian Business.

Neuvoo affiche quelque 30 millions d’emplois, tous provenant d’autres sites, essentiellement d’entreprises.

Robot à l’essai

En 2017, l’entreprise a annoncé son intention de miser sur l’apprentissage machine pour sélectionner les meilleures offres en fonction de l’historique, du curriculum vitæ et des goûts du chercheur d’emploi. Son robot, baptisé Elon, devait même offrir des conseils personnalisés en dialoguant avec l’usager.

Cet aspect, précise aujourd’hui M. Martinez, n’a pas été probant. « Ce qu’on a remarqué, c’est que les candidats n’aiment pas l’idée de parler avec une intelligence artificielle. On l’utilise plutôt pour offrir les meilleurs postes et personnaliser de plus en plus les recherches d’emploi. Et quand on arrive à trouver les bons emplois aux bonnes personnes, les employeurs reçoivent les meilleures candidatures. »

Neuvoo veut également se démarquer d’autres grands sites d’emploi en aidant les candidats à cerner leur valeur sur le marché, le salaire qu’ils peuvent obtenir et les risques que leur poste soit un jour automatisé.