(Paris) Air France-KLM a jugé mercredi avoir réalisé un deuxième trimestre « solide » dans un environnement concurrentiel où le groupe devrait être mieux armé sur le segment low cost après le feu vert du premier syndicat de pilotes à un développement sans limite de Transavia France.

Sonia WOLF Agence France-Presse

Les pilotes du SNPL ont approuvé les projets d’accords sur Transavia et le moyen-courrier d’Air France à 78,08 %, avec un taux de participation de 82,67 %, a indiqué le SNPL.

Ce vote ouvre la voie au développement de la branche française de la low cost – fortement concurrencée par les leaders européens du secteur Ryanair et easyJet – jusqu’ici limitée à un plafond de 40 avions dans le cadre d’un accord obtenu en 2014 à l’issue d’une grève de 14 jours, destiné à limiter le transfert d’activité d’Air France-KLM.

« Transavia va pouvoir poursuivre son développement sans limitation du nombre d’avions et dans des conditions économiquement équilibrées pour le groupe Air France », s’est félicitée la direction, ajoutant que « la compagnie pourra accélérer son offensive sur le marché très concurrentiel du low cost, au départ d’Orly et de la province ».

La date de signature de l’accord n’a pas encore été fixée.

En 2018, les deux branches, française et néerlandaise, ont réalisé les meilleurs résultats depuis le lancement de la low cost avec un résultat d’exploitation de 139 millions d’euros, selon le groupe.

Transavia France exploite actuellement 38 Boeing 737 contre 42 pour Transavia Pays-Bas. Ils desservent une centaine de destinations en Europe et en Afrique du Nord à partir de six bases : Amsterdam, Rotterdam, Eindhoven, Paris-Orly, Nantes et Lyon.

Le second syndicat de pilotes d’Air France, le Spaf, s’est en revanche opposé au projet d’accord.

Sur le plan financier, le groupe a annoncé un résultat d’exploitation en progression de 15,6 % à 400 millions d’euros.  

Ces résultats qualifiés de « solides » par le directeur général du groupe, Benjamin Smith, ont toutefois bénéficié d’une base de comparaison favorable, car le deuxième trimestre 2018 avait été marqué par les grèves chez Air France. Ces grèves avaient eu un impact négatif de 260 millions d’euros au premier trimestre 2018, et de 335 millions au premier semestre 2018.  

Le bénéfice net est en baisse de 27,3 % par rapport à il y a un an, à 80 millions d’euros.

Hausse de 5,1 % du nombre de passagers

Le nombre de passagers a été en hausse de 5,1 % durant le trimestre et les coefficients de réservations long-courriers « sont en moyenne en hausse sur la période août-décembre par rapport à l’an dernier », a indiqué le groupe.

C’est l’activité long-courrier qui « porte l’amélioration de la recette unitaire » avec une capacité en augmentation de 3,9 % tirée par les réseaux Atlantique Nord, Asie et Amérique du Sud, cette dernière région étant toutefois sous pression en raison du contexte économique en Argentine et au Brésil.  

M. Smith, à la tête du groupe depuis septembre, entend hisser Air France-KLM au rang de leader du transport aérien en Europe.  

Mardi, le transporteur a annoncé une commande ferme de 60 Airbus A220-300, dont les premiers appareils seront livrés en septembre 2021, destinés à remplacer les A318 et A319 d’Air France. La moyenne d’âge de ces appareils est de 16 ans et demi.

Grâce à ces avions plus récents, d’une capacité de 150 sièges et avec un rayon d’action de 2300 miles nautiques (4250 km) il vise une réduction du « coût au siège de plus de 10 % » sur le court et le moyen-courrier. Il a également placé une option pour 60 appareils supplémentaires et des droits d’acquisition pour 60 autres.  

L’A380, jugé trop gourmand en carburant avec « 20 à 25 % de carburant en plus par siège que les appareils long-courriers de nouvelle génération » et plus polluant, sera sorti de la flotte d’Air France d’ici 2022.

Air France-KLM exploite une flotte de 541 appareils pour ses trois principales marques, Air France, KLM et Transavia, vers 318 destinations dans le monde.