(New York) Goldman Sachs a annoncé mardi des résultats meilleurs que prévu au deuxième trimestre, son activité de prêts et d’investissements qui englobe sa plateforme de crédits aux ménages et PME et le négoce des titres financiers ayant permis de limiter le recul continu du courtage.

Agence France-Presse

La banque américaine a enregistré un bénéfice net de 2,2 milliards de dollars, en baisse certes de 6,4 % sur un an mais rapporté par action et ajusté des éléments exceptionnels, référence en Amérique du Nord, il ressort à 5,81 dollars contre 4,89 dollars escomptés par les analystes.

Le chiffre d’affaires a pour sa part diminué de 1,8 % à 9,46 milliards de dollars, supérieur aux 8,83 milliards anticipés.

Le bénéfice net de Goldman Sachs avait chuté de 20 % au premier trimestre, tandis que le chiffre d’affaires avait reculé de 13 %.

Le léger recul du deuxième trimestre « reflète une baisse des revenus dans la banque d’investissement », a expliqué Goldman Sachs, en pleine transition pour devenir une banque universelle proposant des services aussi bien aux fonds d’investissement qu’aux petites entreprises, aux milliardaires qu’aux petits épargnants.

Marcus, sa plateforme en ligne de prêts aux ménages et aux PME qui devrait proposer d’ici peu une carte bancaire en partenariat avec Apple, est en train de croître rapidement, ce qui a dopé de 16 % les revenus de la division investissements et prêts.

Elle revendique 48 milliards de dollars en dépôts bancaires en trois ans et affirme avoir octroyé plus de 5 milliards en crédits.

L’action monte

« Nous nous attendons à accroître notre portefeuille de prêts aux ménages (prêts à la consommation) avec l’émission de cartes bancaires », a indiqué Stephen Scherr, le directeur financier, lors d’une conférence téléphonique d’analyse des résultats trimestriels.

Dans le négoce des produits financiers, force traditionnelle de Goldman Sachs, les recettes ont diminué de 2,6 % à 3,5 milliards de dollars. Le recul a été plus important (-13 %) pour le courtage des matières premières, obligations et devises (FICC), en raison d’une « faible volatilité ».

Mais la performance du courtage des titres financiers (Equities) a surpris, avec une hausse de 6 % des revenus, affichant ainsi son meilleur trimestre en quatre ans. Chez JPMorgan Chase (-12 %) et Citigroup (-9 %), l’ambiance était morose.  

À Wall Street, les investisseurs saluaient la performance, le titre Goldman Sachs gagnant 1,19 % vers 11 h 30.

« Les résultats du premier semestre sont encourageants au moment où nous continuons à investir dans de nouvelles activités de croissance afin de toucher un large éventail de clients », a tenu à souligner le PDG David Solomon.

Le dirigeant, qui a promis de présenter un plan stratégique aux milieux d’affaires en janvier 2020, gagne ainsi du temps pour peaufiner ses projets de diversification.

La firme s’est renforcée récemment dans la gestion de fortune, en rachetant la société californienne United Capital Financial Partners, qui gère pour 25 milliards de dollars d’actifs pour le compte de 22 000 clients.

Goldman Sachs a par ailleurs répété mardi « coopérer » avec le ministère américain de la Justice (DoJ) dans le scandale politico-financier du fonds malaisien 1MDB qui l’éclabousse depuis des mois.

Les autorités américaines ont lancé l’an dernier des poursuites pénales contre deux anciens banquiers de Goldman Sachs, Tim Leissner et Ng Chong Hwa, accusés de s’être entendus avec le financier malaisien Low Taek Jho, aussi connu sous le nom de Jho Low, pour détourner 2,7 milliards de dollars de 1MDB sous forme de rétrocommissions.

Cette combine s’est faite lors de trois émissions obligataires, organisées en 2012 et 2013 par Goldman Sachs, pour un montant total de 6,5 milliards de dollars. La firme a perçu 600 millions de dollars en commissions, selon les autorités américaines.