Chaque dimanche, nous braquons les projecteurs sur des éléments de l’actualité financière et boursière qui peuvent être utiles à l’investisseur, mais qui pourraient être passés sous le radar

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

La prochaine « grande annonce » de Bombardier, selon RBC, risque d’être la vente de sa division Transport qui regroupe toutes ses activités dans le secteur du rail.

Bombardier a annoncé jeudi la vente prochaine de deux usines de composants pour avions. La rationalisation est loin d’être terminée, affirme l’analyste Walter Spracklin, dans une note publiée vendredi.

« Je vois en CRRC [China Railway Rolling Stock Corporation] un partenaire de danse », dit-il.

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Dans un marché qui monte, personne ne veut sentir qu’il rate une occasion de faire de l’argent, qu’il soit question de licornes, de cryptomonnaies, de cannabis ou de tulipes, souligne le gestionnaire de portefeuille montréalais Lorne Steinberg dans sa lettre trimestrielle publiée cette semaine.

Au moment de rédiger sa lettre, il souligne qu’Uber tente de lever 9 milliards US qui valoriseraient l’entreprise à 84 milliards US.

« L’histoire a démontré que les investisseurs n’obtiennent pas de bons résultats lorsqu’ils manquent de discipline dans leur quête de création de valeur. Les entreprises non rentables s’inscrivent en Bourse à un rythme jamais vu : 83 % des entreprises ayant réalisé un premier appel public à l’épargne aux États-Unis l’an dernier étaient non rentables, un nombre plus élevé que durant la bulle des technos. Ça porte à réflexion. »

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Le contrôle des coûts est une importante raison expliquant pourquoi SNC-Lavalin maintient ses prévisions inchangées pour l’exercice et l’analyste Frédéric Bastien, de la firme Raymond James, se montre surpris d’apprendre qu’il reste encore autant de « gras à couper », étant donné le nombreuses initiatives de diminution des coûts annoncées ces dernières années.

S’il qualifie les prévisions de la direction d’« irréalistes » pour l’exercice financier, il ne peut s’empêcher d’avoir une pensée pour les employés. « Je me demande comment cette restructuration, qui semble ne jamais vouloir finir, et la possibilité d’assister à un long procès criminel affectent le moral des ingénieurs demeurés fidèles à cette entreprise en difficulté. »

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Recommander d’acheter l’action de SNC-Lavalin n’est pas nécessairement plus facile à justifier parce que le titre vient de piquer du nez. « Je suis réticent à capituler même après les décevants résultats présentés jeudi », soutient Yuri Lynk, chez Cannacord, dans une note publiée vendredi.

Cet analyste souligne notamment que le sentiment extrêmement négatif, presque toxique, envers le titre rend possible un rebond intéressant à la moindre bonne nouvelle. Il avance qu’il n’est pas impossible qu’un juge décide à la fin du mois que les preuves ne sont pas suffisantes pour tenir un procès pour fraude et corruption contre SNC, bien que la tenue d’un procès soit « hautement probable ».

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Si SNC-Lavalin devait payer une indemnité de rupture d’environ 80 millions à OMERS dans l’éventualité où un des deux coactionnaires de l’autoroute 407 égalerait l’offre de cette dernière pour acheter la part dont SNC souhaite se départir dans ce placement, la conséquence est claire pour un moins un analyste. SNC aura encore moins d’argent à consacrer à un potentiel rachat d’actions, selon Devin Dodge, de la BMO.

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Même après avoir considérablement abaissé leurs cibles jeudi et vendredi, les analystes montrent toujours un bel optimisme pour SNC. Ils continuent de croire que l’action a le potentiel pour rebondir fortement au cours des 12 prochains mois. La cible moyenne des analystes est à 41,82 $.

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La TD a retiré, vendredi, sa recommandation d’achat sur SNC-Lavalin. L’analyste Michael Tupholme cite notamment l’incertitude entourant les perspectives d’ici la fin de l’année pour inviter ses clients à adopter une « attitude plus prudente ».

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Le moment choisi par Bombardier jeudi pour annoncer la vente de deux usines de composants pour avions et la restructuration menant à la création de la division Aviation laisse perplexe l’analyste Turan Quettawala, de la Scotia. « Dans le passé, Aérostructure a toujours été présenté comme un segment que Bombardier souhaitait voir grandir. Je ne peux m’empêcher de craindre que la vente des deux usines ne soit un moyen de renflouer le bilan au cas où le niveau de liquidités ne serait pas à la hauteur. »

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CAE, Hexo, Gildan, CGI et Rogers Sugar sont tous des titres québécois ayant atteint cette semaine leur plus haut niveau depuis un an. Theratechnologies, TSO3 et SNC-Lavalin ont de leur côté touché cette semaine un plancher des 52 dernières semaines.