La vague d'attentats terroristes en Europe n'a pas freiné les ambitions de croissance d'Air Canada, qui vient de compléter la période d'expansion la plus intensive de son histoire.

Mis à jour le 29 juill. 2016
Julien Arsenault LA PRESSE CANADIENNE

Au cours du deuxième trimestre, l'entreprise et son transporteur à rabais Air Canada Rouge ont lancé 10 nouvelles lignes internationales et 11 autres transfrontalières en plus d'accroître la capacité de leur réseau de 11 %.

«Comme nous l'avons déjà dit, 90 pour cent de notre croissance se fera sur le marché international», a souligné le président et chef de la direction d'Air Canada, Calin Rovinescu, vendredi, au cours d'une conférence téléphonique avec les analystes visant à discuter de la performance trimestrielle de la société.

Toutefois, malgré des résultats supérieurs aux attentes, l'action du transporteur a perdu de l'altitude à la Bourse de Toronto, reculant de 45 cents, ou 4,77 %, pour clôturer à 8,99 $ au cours d'une séance où le volume de transactions a été trois fois supérieur à la moyenne habituelle.

Air Canada a bonifié de 11 % sa capacité en plus d'ajouter à son offre les destinations de Glasgow, Lyon, Budapest, Prague et Brisbane, entre autres.

Selon David Tyerman, de Cormark Securities, c'est peut-être cette capacité supplémentaire observée à la grandeur de l'industrie qui a refroidi les investisseurs et actionnaires.

«Certains sont anxieux parce que cela pourrait avoir un impact négatif sur les prix et accroître la pression sur les marges», a estimé l'analyste.

À destination de l'Europe et du Moyen-Orient, Air Canada a affiché une croissance de 10,9 % au chapitre du trafic, un résultat qui a toutefois été freiné par la crainte des voyageurs dans la foulée des attentats survenus en France, en Belgique et en Turquie - qui vient également d'être le théâtre d'un coup d'État raté.

«L'incertitude entourant le vote référendaire du Brexit (le 23 juin dernier) a également resserré le trafic en provenance du Royaume-Uni», a noté le président responsable des activités de transport de passagers, Ben Smith.

«La croissance du trafic sur nos cinq marchés géographiques a dépassé celle de l'exercice précédent, qui était pourtant solide», a pour sa part ajouté M. Rovinescu.

Par ailleurs, lorsque questionné par un analyste, M. Rovinescu n'a pas complètement exclu la possibilité que la flotte d'Air Canada Rouge soit supérieure à 50 appareils après 2017.

Le transporteur à rabais exploite actuellement 44 appareils - 19 Boeing 767, cinq Airbus A321 et 20 Airbus A319 - et cinq autres avions - des Boeing 767 - viendront s'ajouter l'an prochain.

«Je ne veux pas spéculer, mais je crois que ça serait certainement une décision d'affaires qui tient la route, a dit M. Rovinescu. Nous aurons des discussions avec nos pilotes une fois que nous serons près du seul des 50 avions.»

Conforme aux attentes

Quant à sa performance au deuxième trimestre, Air Canada a en partie répondu aux attentes des analystes malgré un recul de 37 % de son bénéfice net.

Le transporteur a ainsi engrangé des profits de 186 millions de dollars, ou 66 cents par action, par rapport à 296 millions, ou 1 $ par action, lors de la période correspondante de 2015.

Abstraction faite des éléments non récurrents, son profit ajusté a été de 203 millions, ou 72 cents par action, alors qu'il avait été de 250 millions $, ou 85 cents par action, il y a un an.

Ce résultat a surpassé les attentes des analystes sondés par Thomson Reuters, qui tablaient sur un profit ajusté par action de 57 cents.

De leur côté, les revenus ont affiché une progression de 1,3 %, à 3,46 milliards, ce qui s'est avéré sous la prévision moyenne de 3,52 milliards des analystes financiers.

M. Rovinescu a été avare de commentaires concernant la commande ferme de 45 appareils C Series de Bombardier confirmée le mois dernier, réitérant que les premières livraisons étaient toujours prévues à la fin de 2019 et que l'avion aiderait Air Canada à miser sur l'une des flottes les plus jeunes et productives.