L'émetteur de cartes American Express a annoncé mercredi un bond plus fort que prévu, de 36,8% à 2,02 milliards de dollars, de son bénéfice net au deuxième trimestre, grâce à un produit de cession d'actif et une réduction des coûts.

Mis à jour le 20 juill. 2016
AGENCE FRANCE-PRESSE

Ce résultat se traduit par un bénéfice par action ajusté, référence en Amérique du Nord, de 2,10 dollars contre 1,95 dollar attendu en moyenne par les analystes.

Le chiffre d'affaires du groupe a stagné à 8,24 milliards de dollars (-0,6% sur un an) contre 8,4 milliards escomptés.

Hors effets de change, les revenus ont augmenté de 1%, reflétant, selon AmEx, une hausse de 2,8% des dépenses de la part des détenteurs de ses cartes.

Les revenus du groupe dépendent en effet du montant des dépenses effectuées par les titulaires de ses cartes, d'où le fait qu'il cible le plus souvent des catégories socio-professionnelles supérieures.

AmEx a perçu une commission d'environ 2,43% pour chaque achat effectué par le consommateur lors du trimestre sous revue contre 2,49% un an plus tôt. Ses concurrents tels Visa se reposent davantage sur le volume des transactions.

Les dépenses ont diminué de 15% sur un an à 4,8 milliards de dollars alors qu'AmEx multiplie les initiatives commerciales pour séduire les jeunes afin de défendre ses parts de marché attaquées par ses rivaux (MasterCard, Discover Financial).

À terme, le groupe américain mise sur une réduction de la voilure qui passe par des économies d'un milliard de dollars d'ici 2017. On ne sait toujours pas si ce plan d'économies va comprendre des suppressions d'emplois. Il y a un an, AmEx avait annoncé la suppression de 4.000 emplois.

Dépenses imprévues

Le groupe de services financiers a perçu 677 millions de dollars nets du fait de la fin de son partenariat avec le géant de la distribution américain Costco, qui représentait une carte AmEx sur dix en circulation aux États-Unis.

Les observateurs redoutent que la vie sans Costco soit synonyme de baisse de rentabilité. Aussi la société s'est-elle attelée mercredi à tenter de rassurer, promettant qu'elle allait se battre pour reconquérir ces clients perdus.

La performance trimestrielle d'AmEx semble suggérer que les choses vont bien pour l'instant.

«Nous faisons des progrès dans nos différentes mesures pour accélérer la croissance: attirer 3 millions de nouveaux clients à travers le monde (...) et étendre le réseau de commerçants acceptant nos cartes», a souligné le PDG Kenneth Chenault, cité dans le communiqué.

Joignant le geste à la parole, AmEx, dont le premier actionnaire est le milliardaire Warren Buffett, a confirmé ses objectifs financiers annuels.

Il vise toujours un bénéfice ajusté par action 2016 compris dans une fourchette de 5,40 à 5,70 dollars. Pour 2017, le bénéfice par action sera d'au moins 5,60 dollars.

Ces prévisions pourraient toutefois être bouleversées par des dépenses imprévues au second semestre, notamment dans les technologies, a prévenu le directeur financier Jeffrey Campbell lors d'une conférence téléphonique de présentation des résultats aux analystes.

À Wall Street, après avoir grimpé, le titre repartait dans le rouge vers dans les échanges électroniques suivant la clôture de la séance: il perdait 2,14% à 63,10 dollars.