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Morgan Stanley baisse les salaires des courtiers

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Agence France-Presse
New York

La banque d'affaires américaine Morgan Stanley a baissé les rémunérations des courtiers et banquiers pour préserver ses bénéfices au premier trimestre sur fond de déclin du courtage et d'inquiétudes sur la croissance.

Le bénéfice net trimestriel a certes plongé de 54,4 % à 1,06 milliard de dollars, mais rapporté par action et hors éléments exceptionnels, il est de 55 cents contre 46 cents attendus par les analystes.

Cette performance est due à une baisse de 18 % des salaires et bonus et à une réduction de 4 % des autres dépenses notamment des frais juridiques, a expliqué l'établissement qui essaie de réduire sa dépendance aux activités de marché à forts risques pour se consacrer à la gestion des grosses fortunes.

Les rémunérations ont stagné comparé au quatrième trimestre et représentent 47 % du chiffre d'affaires de 7,8 milliards de dollars.

Morgan Stanley a en outre supprimé 3 % de ses effectifs entre fin décembre et fin mars dans le cadre de son plan d'économies « Streamline » annoncé en janvier.

Ce programme vise à économiser un milliard de dollars sur les deux prochaines années, ce qui passe par exemple par la délocalisation dans des régions bon marché (Bombay, Budapest) de ses salariés, une automatisation de certains services et la consolidation d'activités.

« La gestion des dépenses est bonne », salue l'analyste Matt O'Connor chez Deutsche Bank. « Nous nous attendons à ce que cela se poursuive d'autant que les efforts de ''Streamline'' sont censés être plus importants en 2017 », ajoute-t-il.

Le plongeon des prix du pétrole et le ralentissement économique en Chine ont secoué les marchés financiers lors des trois premiers mois de l'année.

À ces inquiétudes s'est ajoutée l'introduction de taux négatifs par six banques centrales, dont la BCE en Europe.

Conséquence: les analystes redoutaient un trimestre noir pour les activités spéculatives des grandes banques et notamment des banques d'affaires dont le courtage est la locomotive des profits à moins de plans d'économies drastiques.

Activité atone

Si les recettes du courtage ont diminué de 34 % à 2,69 milliards de dollars, c'est néanmoins moins que prévu (2,65 milliards), a indiqué Morgan Stanley, qui a supprimé récemment des emplois dans ses salles de marché pour répondre au ralentissement de l'activité.

La très lucrative négociation des obligations, des taux, des matières premières et des devises (Fixed Income ou FICC) a généré des revenus trimestriels de 873 millions de dollars (-54 % sur un an) contre seulement 742 millions attendus par les marchés, a indiqué Morgan Stanley.

Les revenus du courtage des émissions et titres de participations se sont établis à 2,1 milliards de dollars (-8,7 %) contre 1,9 milliard espéré en moyenne.

« Le premier trimestre a été marqué par des conditions de marché difficiles et une activité atone des clients », a résumé le PDG, James Gorman, entrevoyant toutefois des « signaux de redressement même si les incertitudes globales vont continuer à peser sur l'activité des investisseurs ».

« Nous allons rester focalisés [...] sur la maîtrise de nos coûts », s'est engagé le dirigeant.

JPMorgan Chase, Citigroup et Bank of America ont toutes annoncé la semaine dernière un plongeon de leurs revenus générés par le courtage au premier trimestre. Goldman Sachs, qui clôture les publications des résultats trimestriels des six grandes banques américaines mardi, devrait conforter cette tendance, selon les analystes.

Dans la gestion de fortune, priorité de Morgan Stanley, les revenus ont reculé de 4,2 % à 3,67 milliards de dollars.

À Wall Street, le titre Morgan Stanley, qui a perdu environ 19 % de sa valeur depuis janvier, gagnait 1,16 % à 26,05 dollars dans les premiers échanges.

Si les investisseurs étaient soulagés de constater que Morgan Stanley taillait nettement dans ses coûts, des analystes tels Jason Goldberg chez Barclays faisaient remarquer que la rentabilité était loin d'être satisfaisante.

La rentabilité sur titre (Return on Equity, RoE) s'élève seulement à 6,2 % contre 13,5 % au premier trimestre 2015. C'est loin des 10 % promis par la banque pour 2016.




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