L'action Yelp a joué aux montagnes russes lundi à la Bourse de New York, après l'annonce imprévue en milieu de séance des résultats et du départ du directeur financier de la société américaine en difficultés.

Publié le 8 févr. 2016
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le titre a perdu plus de 13 % en début de séance, tombant à ses plus bas niveaux historiques, puis a dû être suspendu après la publication de ses chiffres vers 13 h 15.

L'action a ensuite d'abord reperdu plus de 10 %, puis est passée brièvement dans le vert en gagnant jusqu'à 1,66 % pour monter jusqu'à un plus haut en séance de 18,10 dollars, avant de repartir à nouveau à la baisse: Yelp rechutait de 12,15 % à 15,90 dollars vers 14 h 10.

Le site internet, où les internautes donnent leur avis sur des commerces locaux, a dévoilé en pleine séance une perte nette de 32,9 millions de dollars pour l'ensemble de l'année dernière, à comparer à un bénéfice de 36,5 millions en 2014. Sur le seul quatrième trimestre, la perte atteint 22,2 millions de dollars.

Le chiffre d'affaires a de son côté progressé de 46 % pour l'ensemble de l'année, à 549,7 millions de dollars, et de 40 % à 153,7 millions au quatrième trimestre. Ces niveaux sont légèrement supérieurs à la prévision moyenne des analystes.

Pour cette année, Yelp dit viser un chiffre d'affaires de 685 à 700 millions de dollars, une prévision là encore relativement optimiste comparé aux 687 millions attendus par les analystes.

Yelp annonce par ailleurs que son directeur financier, Rob Krolik, va quitter l'entreprise « dans les prochains mois » et qu'il va donc se mettre « immédiatement » à la recherche d'un remplaçant. Rob Krolik, qui était chez Yelp depuis près de cinq ans, doit rester en fonctions jusqu'à l'arrivée de son successeur et aider pour la recherche et la transition.

Ces annonces n'étaient initialement prévues qu'après la clôture, et Yelp a mis leur publication anticipée sur le compte d'une erreur de PR Newswire, la société chargée de diffuser son communiqué.

Yelp s'est imposé comme l'un des sites de référence quand il s'agit de trouver des avis d'autres internautes sur des restaurants, des commerces, des attractions touristiques, ou même des agents immobiliers ou des médecins.

L'entreprise traverse toutefois une passe difficile, confrontée à la concurrence croissante de TripAdvisor ou d'autres acteurs en ligne comme Facebook ou Google, qui proposent de plus en plus de services rivalisant avec les siens.

Le Wall Street Journal avait même affirmé il y a quelques mois que Yelp travaillait avec des banques d'investissement pour tenter de se faire racheter, avec un prix visé autour de 3,5 milliards de dollars. Des efforts restés apparemment infructueux.