La société spécialisée dans le jeu en ligne Amaya a décidé d'accélérer son entrée dans le secteur des pools sportifs en mettant la main, pour un montant qui n'a pas été divulgué, sur le site internet américain Victiv.

Mis à jour le 13 août 2015
Julien Arsenault LA PRESSE CANADIENNE

Lancé en septembre dernier, le site adoptera le nom de StarsDraft et sa plateforme sera prête pour le coup d'envoi de la saison régulière de la Ligue nationale de football (NFL), qui s'amorce dans moins d'un mois, ainsi que plusieurs ligues européennes de soccer.

En divulguant ses résultats du deuxième trimestre, jeudi, Amaya a précisé que StarsDraft serait déployé dans des marchés précis aux États-Unis avant d'intégrer sa plateforme PokerStars.

La société montréalaise avait préalablement sondé le terrain dans le secteur des pools sportifs, qui, à son avis, génère actuellement des revenus annuels de moins de 100 millions.

«Le marché doit prendre de la maturité et croître avant que nous soyons prêts à effectuer un investissement majeur», a expliqué en conférence téléphonique le président et chef de la direction d'Amaya, David Baazov.

StarsDraft permettra entre autres aux joueurs inscrits de bâtir leur propre équipe pour ensuite rivaliser contre les autres formations de leur ligue fictive afin d'empocher des sommes d'argent pouvant actuellement atteindre 15 000 $.

Amaya a arrêté son choix sur Victiv après avoir analysé 12 autres différentes compagnies, a expliqué aux analystes M. Baazov.

Dans une note d'analyse, Kevin Wright, de Cannacord Genuity, ne s'est pas montré surpris de l'acquisition d'Amaya, mais il se demande si la plateforme de StarsDraft sera prête à temps pour le début de la saison dans la NFL.

L'analyste estime que la taille du marché des pools sportifs pourrait atteindre 1,2 milliard US d'ici 2020. Actuellement, DraftKings et FanFuel détiennent 90% des parts de marché, note M. Wright, ajoutant que Yahoo et CBS étaient également des joueurs à surveiller.

M. Baazov a par ailleurs confirmé qu'Amaya ne faisait plus équipe avec l'entreprise britannique GVC pour tenter de mettre la main sur Bwin.Party. Il n'a toutefois pas voulu dire si l'entreprise établie à Pointe-Claire pourrait faire cavalier seul et soumettre une offre.

Au deuxième trimestre, Amaya a engrangé un profit de 201,4 millions, notamment grâce à un gain découlant de la vente de certaines activités depuis son acquisition des marques PokerStars et Full Tilt Poker - détenues par Rational Group - réalisée l'an dernier pour 4,9 milliards US.

Amaya a enregistré un gain de 332,8 millions dans le cadre de la vente d'activités qu'elle détenait avant l'achat de Rational Group, dont Diamond Game, Cadillac Jack, Chartwell ainsi que Cryptologic. En excluant les taxes et autres frais, cela a représenté un gain net de 187,3 millions tiré des activités abandonnées.

Pour la période terminée le 30 juin, le bénéfice net des activités poursuivies s'est établi à 14,1 millions, par rapport à une perte de 8,04 millions lors du deuxième trimestre de 2014.

Le chiffre d'affaires d'Amaya s'est chiffré à 310,6 millions, en hausse de 495 000 $.

Sur une base ajustée, en excluant les éléments non récurrents, la société a engrangé un bénéfice de 86,1 millions, ou 43 cents par action, en hausse par rapport à 59,6 millions, ou 30 cents par action, sur une base pro forma, à la même période en 2014.

Cette performance trimestrielle a en partie répondu aux attentes des analystes sondés par Thomson Reuters, qui tablaient sur un profit ajusté par action de 38 cents sur des recettes de 347 millions.

Amaya est toujours visée par une enquête de l'Autorité des marchés financiers du Québec sur certaines transactions de valeurs entourant l'acquisition de PokerStars. M. Baazov ainsi que le directeur financier Daniel Sebag sont visés par l'enquête, mais pas pour des transactions personnelles qu'ils auraient effectuées relativement à l'action de l'entreprise. Aucune accusation n'a été déposée jusqu'ici.