L'ex-président-directeur général de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CN) a reçu une indemnité de départ d'environ 2,1 millions après s'être fait montrer la porte en mars dernier alors que l'entreprise était visée par des critiques provoquées par une détérioration de son service.

Mis à jour le 27 mars 2019
JULIEN ARSENAULT LA PRESSE CANADIENNE

Au total, la rémunération globale - qui tient compte du salaire de base, des primes et autres avantages - de Luc Jobin a été de quelque 2,8 millions en 2018, ce qui tient compte d'un salaire de base de 348 000 $ pour environ trois mois de travail et de 340 546 $ pour la valeur de son régime de retraite.

Ces informations se trouvent dans la circulaire de sollicitation envoyée aux actionnaires de la société ferroviaire en vue de son assemblée annuelle du 30 avril, à Montréal, où elle soulignera son 100e anniversaire.

Selon ce qui est indiqué dans le document, le montant accordé à M. Jobin à la suite de son départ a été négocié avec l'entreprise et correspond à 18 mois de son salaire de base. Celui-ci n'a toutefois pas pu toucher près de 7 millions en attributions fondées sur des actions ainsi que sur des options.

« Les montants indiqués comprennent des attributions qui ont été perdues conformément aux dispositions des régimes et à l'entente de départ de M. Jobin », précise le CN.

Jean-Jacques Ruest, qui avait initialement pris la relève de M. Jobin sur une base intérimaire aux commandes du transporteur ferroviaire le 5 mars, a quant à lui vu sa rémunération totale s'établir à 8,5 millions l'an dernier. Son salaire de base a été approximativement de 874 000 $.

L'homme de 63 ans avait été confirmé dans fonctions de façon permanente le 24 juillet dernier. Celui qui était auparavant vice-président exécutif du CN avait reçu une paye totale de 4,6 millions en 2017.

La rémunération globale de M. Ruest - qui n'a pas été président-directeur général pendant l'ensemble de l'exercice l'an dernier - a été inférieure à celle du grand patron du Canadien Pacifique, Keith Creel, qui a touché 12,5 millions.

En excluant les sommes accordées à M. Jobin, la paye totale des cinq plus hauts dirigeants de la plus importante société ferroviaire au pays a été de quelque 25 millions.

Au terme de l'exercice 2018, le CN avait affiché un profit ajusté de 4,06 milliards, ou 5,50 $ par action, alors que son chiffre d'affaires avait bondi de 10 %, à 14,32 milliards, alimenté par la hausse des revenus liés au transport de pétrole et de produits chimiques.

L'an dernier, M. Ruest a mis de l'avant une série d'initiatives pour améliorer le service de la compagnie, notamment en ajoutant plusieurs locomotives ainsi que des centaines de wagons dans l'ensemble de son réseau.

L'entreprise comptait près de 25 720 employés à la fin de 2018.