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Violences à Air France: six salariés en garde à vue

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Le directeur des ressources humaines d'Air France, Xavier Broseta, agressé lors d'une manifestation le 5 octobre.

Photo Jacky Naegelen, Reuters

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Eve SZEFTEL, Jeremy TALBOT
Agence France-Presse
BOBIGNY

Une semaine après les violences spectaculaires à Air France, six salariés de la compagnie aérienne ont été placés en garde à vue lundi matin, sur fond de reprise du dialogue entre la direction et les syndicats pour sortir de la crise.

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Le directeur des ressources humaines Xavier Broseta s'était retrouvé torse nu, chemise déchirée et escaladant un grillage pour échapper aux manifestants, tout comme son collègue Pierre Plissonnier, DRH du long-courrier.

Photo Jacques Brinon, AP

Quatre d'entre eux ont été arrêtés «sans incident» vers 06H00 à leur domicile, dans le Val-d'Oise, en Seine-et-Marne, dans les Yvelines et dans l'Aisne, a-t-on appris auprès du parquet de Bobigny et de sources policières. Un cinquième a été interpellé un peu plus tard.

De source policière, ces interpellations ont été décidées «sur la base de témoignages et de la vidéosurveillance».

Selon le parquet de Bobigny, «une sixième personne a été placée en garde à vue dans la matinée». Elle avait été «convoquée dans le cadre de l'enquête».

Les cinq premiers gardés à vue travaillent dans la branche Cargo ou à Air France Industries, notamment comme magasiniers. Selon une source proche du dossier, certains ont un mandat syndical à la CGT.

Un rassemblement de soutien est prévu à 16H00 à Roissy, selon une source syndicale.

Les salariés ont été interpellés «comme des membres du grand banditisme ou des trafiquants de drogue ou d'armes», alors qu'ils «auraient pu, sur convocation, se rendre à la police», a réagi auprès de l'AFPTV Christophe Malloggi, de FO Air France.

Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) a évoqué un «Jour de deuil» et souhaité «que la résistance et la colère soient plus contagieuses que la peur». «Arrêtés chez eux à 6H du matin ? Pourquoi ? Pour les humilier devant leurs familles ou parce qu'ils préparaient une fuite à Saint-Martin», a ironisé Cécile Duflot (EELV).

«Je ne vais pas pleurer (...) La police fonctionne comme ça avec tout le monde, y compris avec les responsables politiques», a commenté de son côté François Fillon (Les Républicains).

Plusieurs centaines de salariés avaient fait irruption le 5 octobre dans la salle du comité central d'entreprise (CCE) de la compagnie à Roissy, consacré à un plan de restructuration menaçant 2900 postes.

Le directeur des ressources humaines Xavier Broseta s'était retrouvé torse nu, chemise déchirée et escaladant un grillage pour échapper aux manifestants, tout comme son collègue Pierre Plissonnier, DRH du long-courrier.

Au total, sept personnes avaient été blessées.

Dialogue renoué

Au moins dix plaintes ont été déposées: celles de six vigiles et trois cadres de l'entreprise pour des «violences» et celle d'Air France pour «entrave au CCE» et «dégradations». Le parquet de Bobigny a ouvert une enquête, confiée à la police aux frontières, compétente en zone aéroportuaire.

Une enquête interne à la compagnie a également permis d'identifier une dizaine de salariés comme impliqués dans ces violences.

Parallèlement à ces interpellations, les premières notifications de sanctions devaient être envoyées lundi aux salariés identifiés comme ayant participé aux incidents, a affirmé à l'AFP une source proche du dossier, sans préciser le niveau de sanction. La direction d'Air France avait fait savoir que ces sanctions disciplinaires pourraient aller jusqu'au licenciement.

Le premier ministre Manuel Valls avait dénoncé des «images qui font mal à notre pays» et promis des «sanctions lourdes» contre ceux qu'il a qualifiés de «voyous». François Hollande avait condamné des violences «inacceptables» pouvant avoir des «conséquences sur l'image, sur l'attractivité» de la France. L'Etat possède 17% du capital d'Air France.

La direction a renoué vendredi le dialogue avec les pilotes au cours d'une réunion qui s'est «très bien passée», selon le SNPL. Aucune nouvelle date de négociation n'a pour l'heure été fixée, a indiqué à l'AFP un porte-parole du syndicat de pilotes majoritaire.

La direction va poursuivre les discussions cette semaine avec les autres organisations, à commencer lundi par l'Unac, un syndicat de PNC (stewards et hôtesses), puis la CGT. Le SNPNC et l'Unsa PNC seront reçus mercredi.

Ces rendez-vous constituent un premier pas avant une reprise des négociations pour éviter d'appliquer la totalité des 2900 suppressions de postes envisagées.

Elles ont jusqu'à présent échoué sur la principale demande de la compagnie: faire voler les navigants une centaine d'heures de plus par an (+14% à 18% selon les vols), à salaire égal.

Une intersyndicale regroupant notamment FO, la CGT et l'Unsa se tiendra par ailleurs mardi.




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