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Dix préoccupations envers Bombardier

Le report de l'entrée en service de la... (PHOTO FOURNIE PAR BOMBARDIER)

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Le report de l'entrée en service de la CSeries est un des facteurs qui ajoutent de la pression sur le titre de Bombardier.

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Richard Dufour

Le titre de Bombardier (T.BBD.B) a perdu 10% en deux jours (jeudi et vendredi) en réaction à l'annonce du report de l'entrée en service de la CSeries. Bombardier est actuellement évalué à environ 8,6x ses profits par action attendus en 2014. Les comparables se négocient à un multiple de 15,8x, dit Scott Rattee, chez Stonecap Securities. Il s'agit d'un escompte de 45% alors que l'escompte moyen était davantage autour de 10% depuis 10 ans. Un délai dans la livraison de la CSeries était largement anticipé, mais son ampleur met en évidence une accumulation d'éléments qui contribuent à alimenter l'anxiété. Voici 10 facteurs qui aident à mieux saisir les craintes du marché envers Bombardier.

1. Vers une révision des prix?

Le report de l'entrée en service de la CSeries ajoute de la pression. RBC souligne que des clients potentiels voudront attendre d'avoir plus d'informations et possiblement de voir comment le lancement des appareils remotorisés des concurrents se présentera par rapport à la CSeries. «Il est logique de penser que tous les clients potentiels qui songent à commander des appareils CSeries auront besoin d'avoir un prix plus agressif pour les convaincre de signer le contrat», dit de son côté Turan Quettawala, de la Scotia.

2. Hausse de coûts

Les avis sont partagés à savoir à quel point les coûts de développement du programme de la CSeries augmenteront avec le délai annoncé. Certains analystes parlent de quelques centaines de millions. D'autres disent plusieurs centaines de millions. Les coûts doivent notamment tenir compte des heures supplémentaires à venir, des honoraires des consultants, du prix plus élevé de certains articles liés aux tests, etc. La marge de manoeuvre dont dispose Bombardier n'est pas énorme, dit Canaccord, ce qui nous conduit au point suivant.

3. Où trouver du financement au besoin?

Plusieurs analystes se questionnent sur des besoins éventuels et la capacité à trouver du financement. «Une autre émission d'obligations n'est pas impossible, mais son coût risque d'être relativement élevé», affirme la Scotia. Ce qui complique les choses, selon l'institution c'est que des billets d'une valeur de 1,75 milliard viendront à échéance dans deux ans. Deux autres options si les choses se corsent: une émission d'actions ou une réduction du dividende. L'état des fonds autogénérés (free cash flow) qui sera publié le 13 février jouera un rôle majeur pour dissiper les craintes d'un besoin de capital cette année, selon la Scotia.

4. Un autre délai possible

Des pépins imprévus peuvent encore survenir avec la CSeries et pourraient repousser l'entrée en service des CS100 dans l'année en 2016. Les essais en vol pourraient déboucher sur le besoin d'apporter des modifications aux avions et Canaccord souligne que de telles modifications peuvent coûter très cher. D'autres ennuis potentiels avec les commandes de vol électriques fly-by-wire préoccupent aussi Bay Street. La question est de savoir à quel point les dirigeants ont tenu compte de cette éventualité dans leurs calculs, souligne la Scotia.

5. De probables pénalités

Bombardier fera face à des pénalités pour le délai annoncé puisque ce délai est vraisemblablement plus important que la norme négociée pour commander un nouvel appareil, dit Turan Quettawala en ajoutant toutefois que ces coûts devraient être partagés avec certains fournisseurs.

6. Annulations de commandes?

Il y a un risque (bien que faible) de voir des clients profiter de la «rupture de contrat» liée à la date de livraison pour annuler une commande. «Et ça permettrait même à des clients d'annuler leur commande sans devoir payer une pénalité», dit Turan Quettawala.

7. Pression sur les avions Global

La Scotia souligne que plusieurs ingénieurs qui travaillent sur la CSeries devaient aller travailler sur les avions Global 7000/8000 une fois leur tâche terminée sur la CSeries. «Dans la mesure où le transfert des ingénieurs se fera plus lentement que prévu, l'échéancier des appareils Global pourrait se retrouver sous pression.»

8. Révision des attentes

Bay Street attend maintenant une mise à jour des prévisions de la direction de Bombardier pour ajuster le tir à nouveau. Les analystes vont s'entretenir avec les gestionnaires le 13 février à l'occasion de la présentation des résultats financiers. Bombardier devrait alors préciser ses prévisions de dépenses pour le programme de la CSeries et mettre à jour ses attentes pour les ventes d'avions, les livraisons d'appareils, les marges, etc.

9. Performance trimestrielle à suivre

Il y a trois mois, le titre de Bombardier a cédé 10% le jour de la publication des résultats trimestriels. Le repli s'expliquait notamment par une performance inférieure aux attentes et par les problèmes d'exécution dans la division Transport, qui ont miné les marges. Une autre déception pourrait être anticipée. Le dévoilement des prochains résultats est prévu le 13 février.

10. Déficit du fonds de pension

Le déficit du fonds de pension et le niveau d'endettement de l'entreprise représentent toujours des risques aux yeux de certains investisseurs, dans le cas où la CSeries ne serait pas un succès. À cet égard, Desjardins rappelle que la Banque du Canada a récemment souligné ses préoccupations face au faible niveau d'inflation. Plusieurs économistes pensent qu'il faudra un certain temps avant que le taux directeur de 1% soit bonifié, ce qui maintiendra une certaine pression sur les taux d'intérêt à long terme, et indirectement sur le déficit du fonds de pension de Bombardier.




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