La compagnie aérienne Air France a connu une série noire avec quatre incidents en huit jours sur ses vols entre le Brésil et la France, une ligne sensible après la disparition restée inexpliquée du vol AF447 Rio-Paris.

Michel Leclercq AGENCE FRANCE-PRESSE

Problème électronique, avarie sur un fuselage, toilettes hors service, alerte à la bombe: rien ou presque n'a été épargné à la compagnie française en quelques jours. Celle-ci fait toutefois valoir que ces problèmes sont rares alors qu'elle assure 1700 vols dans le monde entier.

Cette série d'incidents n'a fait aucune victime mais pose des questions sur l'état des appareils et a entraîné une avalanche de désagréments pour les passagers dont la mauvaise humeur a été rapportée par la presse brésilienne.

«Ce sont quatre incidents qui sont totalement séparés, et sur des types d'appareils différents, ce sont des avaries différentes», s'est défendu un porte-parole d'Air France à Paris interrogé par l'AFP.

Le porte-parole a souligné que deux d'entre eux avaient des «causes exogènes»: une alerte à la bombe dans un premier cas et un appareil au sol endommagé par un camion dans l'autre.

Le dernier incident en date s'est produit samedi soir: le vol AF445 assuré par un Airbus A330-200, qui devait emmener 170 passagers de Rio à Paris, a été annulé à cause d'un «problème électronique» détecté pendant l'inspection de l'appareil.

Le vol était prévu samedi à 19h05, heure locale (18h05 à Montréal) et a dû être reporté de vingt-quatre heures, à dimanche 23h00 (16h00 à Montréal).

Comme les fois précédentes, Air France a fourni assistance, repas et logement aux passagers bloqués. En y ajoutant, dans un communiqué, «ses excuses pour les inconvénients causés aux passagers».

Toutefois, certains se sont plaints du manque d'informations données par la compagnie. «Le plus grave, c'est que le personnel n'est pas préparé à porter assistance aux clients. Nous n'avons eu aucune information avant 23h00 samedi», a déclaré une avocate de 43 ans, Rita de Cassia da Silva, au journal Estado de Sao Paulo. «Pour nous, il était évident que le vol n'existait pas: il n'y avait pas d'avion sur le tarmac, nous n'avons pas vu l'équipage».

La compagnie française a cependant assuré dans un communiqué avoir informé les passagers avant l'embarquement sur la reprogrammation du vol au lendemain.

La série noire a commencé samedi le 10 juillet, quand un Boeing 747 d'Air France assurant une liaison Rio-Paris a dû faire une escale de 24 heures à Recife, dans le nord-est du Brésil, après une alerte à la bombe qui s'est révélée fausse. Air France a indiqué avoir porté plainte.

Mardi, un Boeing 747 de la compagnie parti de Rio vers Paris a dû rebrousser chemin après deux heures et demie de vol à cause d'un problème avec dix des treize toilettes de l'appareil. Poursuivre le vol dans ces conditions était impossible pour des raisons d'hygiène, selon Air France.

Jeudi, le vol d'un Boeing 777 d'Air France entre Sao Paulo et Paris a été annulé après la découverte d'une avarie sur le fuselage de l'appareil. Selon le porte-parole d'Air France, l'avion a été heurté lors d'une manoeuvre par un camion. Le vol n'est parti que le lendemain.

Les Brésiliens sont très sensibles à ces incidents car c'est sur le trajet Rio-Paris qu'un Airbus A330 d'Air France s'est abîmé en plein Atlantique, au large de Recife, le 1er juin 2009, avec 228 personnes à bord. En dépit de plusieurs campagnes de recherche, l'appareil n'a toujours pas été retrouvé et l'accident est resté inexpliqué.