La firme de gestion de placements Fiera Sceptre (T.FSZ), de Montréal, veut s'implanter aux États-Unis dès les prochains mois, maintenant qu'elle a conclu sa fusion avec la torontoise Sceptre Investment Counsel.

Publié le 10 déc. 2010
Martin Vallières LA PRESSE

> Suivez Martin Vallières sur Twitter

Et si ce projet porte ses fruits, les dirigeants de cette firme qui gère désormais 30,8 milliards de dollars d'actifs estiment que les États-Unis pourraient représenter jusqu'à 15% de leurs activités d'ici quelques années.

«Les stratégies de placement qui ont fait notre réputation ici suscitent de plus en plus d'intérêt de la part d'investisseurs américains. C'est pourquoi nous regardons du côté de Boston ou de New York pour ouvrir un bureau, d'ici juin 2011 de préférence», a indiqué Sylvain Brosseau, président et chef de l'exploitation de Fiera Sceptre, à La Presse Affaires.

«Nous prévoyons ouvrir un bureau avec une équipe initiale de quatre ou cinq professionnels du placement aux États-Unis. Nous discutons déjà avec quelques personnes.»

M. Brosseau a fait part de cette ambition américaine hier à l'occasion de l'annonce des premiers résultats consolidés depuis la fusion de Fiera Capital et de Sceptre Investment.

Cette fusion effectuée par échange d'actions a fait grimper l'actif géré par Fiera de 22 milliards à 30,8 milliards, ce qui la situe désormais dans les échelons supérieurs des gestionnaires de placements d'origine québécoise.

La moitié de cet actif géré demeure d'origine québécoise, alors que la part de l'Ontario s'est hissée à 40%. L'autre part de 10% provient de l'Ouest et des Maritimes.

Fiera Sceptre regroupe désormais 150 personnes dans son siège social de Montréal, avec 90 employés, et ses bureaux à Toronto, où travaillent 60 personnes.

Avec la fusion, Fiera Sceptre a aussi hérité de l'inscription en Bourse de Sceptre Investment. C'est un changement important pour une firme habituée à un statut de capital fermé, avec quelques dirigeants actionnaires. Les investisseurs ont très bien accueilli la mutation des actions de Sceptre en celles de la firme fusionnée.

Ces actions rebaptisées «FSZ» à la Bourse de Toronto ont presque doublé de valeur depuis l'annonce de la fusion en juin. Hier, elles cotaient à 8,50$, ce qui représente une capitalisation boursière de 310 millions pour Fiera Sceptre.

Quant aux résultats consolidés, ceux du trimestre terminé le 30 septembre montrent une relative stagnation du bénéfice d'exploitation en un an, en dépit d'une hausse de 35% des revenus, à 11,4 millions.

En incluant les divers frais de fusion et de restructuration, le bénéfice net du trimestre se retrouve amputé des quatre cinquièmes par rapport à celui d'un an plus tôt.

Selon Sylvain Brosseau, ces premiers résultats consolidés de Fiera Sceptre sont encore trop près de la fusion pour être vraiment représentatifs.

«Nous ciblons une marge bénéficiaire d'exploitation d'au moins 20% des revenus. De plus, nous avons la capacité de doubler, sinon tripler l'actif géré tout en ajoutant peu de frais d'exploitation», a-t-il précisé.

Pour le moment, quelque 20 des 30,4 milliards d'actifs gérés par Fiera Sceptre proviennent de clients institutionnels.

Une autre part de 8 milliards provient de fonds offerts aux particuliers, et quelque 1,4 milliard provient de la gestion de fortunes privées.

Selon M. Brosseau, il s'agit d'une diversification de clientèle adéquate, avec un potentiel de croissance dans chaque secteur.