Les mesures destinées aux entreprises, dans ce budget, passent par la défense des sièges sociaux et par l'adoption de l'intelligence artificielle en entreprise. Le ministre des Finances a aussi cherché à répondre à la pénurie de main-d'oeuvre. Survol.

Mis à jour le 22 mars 2019
ANDRÉ DUBUC LA PRESSE

Sièges sociaux

Le gouvernement Legault débloque un budget de 1 milliard de dollars pour défendre les sièges sociaux québécois. L'argent passera par le fonds de développement économique. En conférence de presse, le ministre Eric Girard a précisé que cette mesure ne visait pas spécifiquement SNC-Lavalin. Le milliard servira notamment à intervenir auprès notamment d'entreprises technologiques qui ont besoin de 50 millions et plus. Actuellement, ces jeunes pousses trouvent leur financement auprès de fonds étrangers. Les détails seront connus plus tard.

Investissement Québec

En attendant d'en savoir plus sur le virage qu'entend effectuer le gouvernement Legault à Investissement Québec, le gouvernement ajoute 1 milliard au capital de sa société d'État, qui pourra ainsi faire plus de prêts et d'investissements dans le capital-actions d'entreprises à même ses fonds propres.

IA en entreprise

Le gouvernement injecte 330 millions en intelligence artificielle (IA), dont 137 millions pour 2018-2019 et l'année suivante. Quatre organismes se partagent 100 millions dès maintenant : Ivado (35 millions), la supergrappe en IA Scale.ai (15 millions), MILA (32,5 millions) et PROMPT-QUÉBEC (17,5 millions). L'un des objectifs poursuivis est de favoriser l'implantation de solutions d'IA en entreprise. Québec réserve 65 millions supplémentaires à cette fin en soutenant les entreprises qui conçoivent des applications basées sur l'IA et en augmentant l'utilisation en entreprise de ces applications.

Immigrants au travail

En plus d'inciter les travailleurs âgés de 60 à 64 ans à rester sur le marché du travail plus longtemps, le gouvernement propose une mesure incitative pour encourager les PME à leur donner du travail. Des millions sont aussi prévus pour l'intégration des personnes immigrantes (730 millions en cinq ans) et des handicapés au marché du travail (65 millions). « La mesure pour les immigrants, c'est fantastique, dit Véronique Proulx, PDG de Manufacturiers et Exportateurs du Québec. On met plus d'argent pour les intégrer. Il y a 18 000 postes vacants dans le manufacturier. Ce n'est pas les travailleurs âgés qui vont pouvoir y répondre. Ça va passer par l'immigration. »

PME exportatrices

Le budget vient bonifier deux programmes destinés aux entreprises. ESSOR (36 millions à terme), qui aide à l'achat d'équipements par les manufacturiers, et le programme Exportation (35 millions sur cinq ans), qui vient accompagner les PME dans leurs démarches à l'étranger. « Les PME peuvent bénéficier d'une expertise qui les aiguillera vers de nouveaux marchés pour leurs produits », dit Martine Hébert, vice-présidente principale de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, dans un communiqué.

Investissements en région

Pour stimuler l'activité économique en région, l'État québécois abaisse le seuil d'investissement donnant droit au « congé fiscal pour grands projets d'investissement » en vigueur jusqu'à la fin 2020. Le seuil de 75 millions passe à 50 millions. L'exonération fiscale correspond à un maximum de 15 % de l'investissement et prend la forme d'une exonération fiscale sur le revenu d'une société sur 15 ans et d'un congé de cotisations au Fonds des services de santé sur la même période. Le gouvernement avance que la mesure favorisera des investissements de 800 millions.

Délais réduits

Le gouvernement caquiste veut réduire les obstacles bureaucratiques qui affligent les entreprises. Le budget prévoit 19 millions sur cinq ans pour embaucher des ressources dans le but d'accélérer le traitement des demandes d'autorisation environnementale, dans le respect des exigences. Dans le même ordre d'idées, 15 millions serviront à embaucher des gens pour accélérer l'analyse des impacts sur l'habitat faunique des grands projets d'investissement. Des gestes salués par les organismes patronaux, comme le Conseil du patronat et les Manufacturiers et Exportateurs du Québec.

Entrepreneurs à l'école

L'École des entrepreneurs du Québec touchera 7 millions en cinq ans pour ouvrir quatre nouveaux campus. L'institution vise à développer les compétences des entrepreneurs, notamment à l'égard de la création, de la croissance et de l'acquisition d'entreprises. Trois points de services sont déjà prévus dans les régions du Bas-Saint-Laurent, de la Mauricie et de l'Outaouais.