Endetté, l'État québécois est incapable de moderniser seul les infrastructures publiques. Après la Caisse de dépôt qui se propose de bonifier le réseau de transports collectifs de Montréal avec un train électrique, le Fonds FTQ propose maintenant d'avancer les capitaux nécessaires à la construction d'écoles publiques à la place du gouvernement.

Mis à jour le 6 juill. 2016
André Dubuc LA PRESSE

Le Fonds a dévoilé ses résultats annuels hier. Le rendement annuel atteint 4,4 % pour l'exercice clos le 31 mai, légèrement plus que le rendement annuel historique du Fonds de 4 %. À 34,73 $, l'action gagne 1,14 $ par rapport à sa valeur en vigueur depuis janvier.

Le rendement est venu du côté des investissements dans les PME québécoises. Les placements privés ont donné 8,2 %, avant les frais et les sociétés québécoises cotées à la Bourse, 11,9 %. Les 12 derniers mois ont été favorables aux titres québécois de petites capitalisations, comme en fait foi le rendement de l'indice BMO sur le sujet qui a fait 11,8 %, d'après le fonds de travailleurs.

Le Fonds a investi 686 millions durant la période dans les PME comme Serres Lefort, Canam, Pelican et Orckestra.

DIVERSIFIER SES PLACEMENTS 

Le dévoilement des résultats annuels a été l'occasion de discuter avec le président et chef de la direction du Fonds de solidarité FTQ, Gaétan Morin, de ce volet étonnant de sa nouvelle stratégie d'investissement dévoilée le printemps passé.

« Cette initiative est très bien reçue parce que les besoins sont criants, dit-il. [C'est ce qui ressort des] rencontres qu'on a eues jusqu'à maintenant avec les organismes gouvernementaux et quelques commissions scolaires. »

« Il y a des projets qui se discutent actuellement dans le secteur scolaire et dans le secteur municipal. On est heureux de voir l'intérêt autour de cette initiative. » - Gaétan Morin, président et chef de la direction du Fonds de solidarité FTQ

Le Fonds FTQ a annoncé au printemps sa volonté de consacrer 400 millions d'ici 2020 à la construction d'infrastructures immobilières à vocation socioéconomique comme des écoles, des arénas et des bibliothèques. Les investissements seront l'oeuvre du fonds immobilier FTQ et d'un promoteur privé. La commission scolaire serait locataire de l'édifice pendant 30 à 35 ans. À l'échéance du bail, le Fonds et ses partenaires privés resteraient propriétaires du bien et veilleraient à en recycler l'usage.

Une école primaire de 21 classes en banlieue coûte grosso modo 12 millions.

Mais est-ce que le Fonds FTQ a été créé pour construire des écoles primaires à la place de l'Éducation ? a-t-on demandé à M. Morin.

« La création du Fonds FTQ, c'était pour créer de l'emploi et stimuler le développement économique du Québec. La construction de ces infrastructures à vocation socioéconomique va créer des emplois tout en comblant [...] un besoin criant d'infrastructures au Québec. »  - Gaétan Morin, président et chef de la direction du Fonds de solidarité FTQ

« Avec un actif de près de 11,7 milliards, poursuit-il, les Québécois se sont donné un outil de développement économique incroyable. Tout le monde en sort gagnant. Nos actionnaires vont sortir gagnants, car ces investissements contribueront à la diversification des éléments d'actif du Fonds. »

À l'instar des autres investisseurs institutionnels, le Fonds FTQ fait face à la faiblesse des rendements obligataires pour des années à venir. D'ailleurs, il estime entre 2,5 et 3 % son rendement annuel moyen pour les années à venir. À un taux de 2,5 %, l'avoir de l'actionnaire double tous les 29 ans, autant dire une éternité.

En réaction aux rendements faméliques attendus avec les obligations, le Fonds FTQ veut y diminuer son exposition. À la place, il investira d'ici 2020 400 millions dans les écoles et 500 millions dans l'achat de blocs d'actions de fleurons de Québec inc. en vue d'assurer la pérennité des sièges sociaux sur le sol québécois.

L'actif du Fonds FTQ se divise en deux grandes catégories : « investissements », soit la portion représentant les investissements faits au sein des PME québécoises (et bientôt dans les écoles), et « placements », soit la portion investie en obligations et en actions de grandes sociétés canadiennes et étrangères. Au total, la partie « placements » baissera de 5 points de pourcentage d'ici 2020, passant de 35 à 30 %, tandis que la partie « investissements » du portefeuille grimpera de 65 à 70 %.

PHOTO LA PRESSE CANADIENNE

Fonds de solidarite de la FTQ is a union sponsored investment fund.The Canadian Press Images-Mario Beauregard