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À peine rachetée, La courte échelle perd une auteure vedette

L'auteure jeunesse à succès Annie Groovie met fin... (Photo Isabelle Clément, Archives La Presse)

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L'auteure jeunesse à succès Annie Groovie met fin à sa collaboration avec La courte échelle et projette de publier ses nouveaux romans à son compte, dès l'an prochain.

Photo Isabelle Clément, Archives La Presse

Incapable de s'imaginer poursuivre une collaboration avec La courte échelle, bien que l'entreprise ait été rachetée par deux nouveaux investisseurs cette semaine, l'auteure jeunesse à succès Annie Groovie largue la maison d'édition et projette de publier ses nouveaux romans à son compte, dès l'an prochain.

Voilà peut-être le seul nuage qui est venu assombrir, hier, l'annonce de Marie-Ève Talbot et de son père Raymond, l'ancien fondateur des librairies Champigny, qui acquièrent l'entreprise en faillite depuis le 10 octobre dernier. Du même coup, les deux propriétaires ont promis de rembourser tous les droits impayés aux auteurs québécois et canadiens qui acceptent de poursuivre l'aventure avec eux, une somme supérieure à 300 000$.

« On a réussi à rassembler une majorité d'auteurs et on a senti beaucoup d'enthousiasme afin que les activités de l'entreprise se poursuivent. À ce stade-ci, nous sommes sûrs que La courte échelle retrouvera sa rentabilité », a indiqué Mme Talbot, gardant confidentiel le montant de transaction.

Les auteurs toucheront ainsi aux sommes qui leur sont dues, mais le montant que devait la maison d'édition à l'ensemble de ses créanciers s'élevait toutefois à plus de 4 millions, une facture considérable qui ne sera pas entièrement recouverte.

« Quand une compagnie fait faillite, les dettes tombent à zéro, c'est-à-dire que les créanciers sont remboursés partiellement, à partir du montant payé pour l'entreprise. Dans ce cas-ci, il est certain que tous les créanciers ne seront pas remboursés », a précisé Mme Talbot.

Qui reste, qui part ?

Chose certaine, la reconstruction de la maison d'édition se fera sans Annie Groovie, connue pour son cyclope en bonhomme allumette, Léon, créé il y a 12 ans. « Ça faisait deux ans que je voulais quitter La courte échelle, car j'y étais vraiment gardée prisonnière. J'ai enfin réussi à m'en sortir et à retrouver mes droits », a dit l'auteure à La Presse.

Comme plusieurs autres, Mme Groovie a été soulagée d'apprendre que deux investisseurs rachetaient l'entreprise avec qui elle était sous contrat. Mais en apprenant que l'ancienne éditrice Hélène Derome était mandatée par les nouveaux propriétaires pour assurer la transition, l'écrivaine a préféré partir, perdant du même coup ses droits impayés depuis un an et demi.

« Je perds ça, mais ce n'est que de l'argent. Pour moi, le plus important, c'était de ravoir mes droits. Dans les mois précédents la faillite, c'était dur de se faire payer. Ils n'avaient plus de sous et ils coupaient partout. C'est l'occasion pour moi de me lancer en affaire. En même temps, je ne voulais pas collaborer avec Hélène Derome. Elle m'a menti, m'a fait des promesses sans les tenir. C'était tout le temps comme ça. On s'est tous fait avoir », a-t-elle expliqué.

Contactée par La Presse, Mme Derome n'a pas voulu commenter la colère qu'ont certains écrivains à son égard, préférant laisser la place « à la bonne nouvelle du jour ».

« Concernant le mandat que j'aurai, tout reste à définir. Nous n'avons pas parlé de durée, de tâches ou quoi que ce soit. C'est très embryonnaire pour l'instant », a-t-elle indiqué.

De son côté, Marie-Ève Talbot a défendu son choix. « Hélène a une très grande connaissance de l'édition et de la compagnie. Elle sera d'une très grande aide pour la transition », a-t-elle affirmé.

«Je ne veux pas rentrer dans les détails, mais on a réussi à rassembler les têtes d'affiche. Nous sommes très heureux de poursuivre avec eux la collaboration», a-t-elle dit à La Presse.

Parmi les vedettes de La courte échelle, le cas de l'auteure Chrystine Brouillet est sur toutes les lèvres. Restera, ou ne restera pas?

« Comment dire... Oui, il y aura une suite. Une collaboration, c'est assuré. Une certaine collaboration en fait », a expliqué Mme Talbot, visiblement fébrile, mais réticente à rentrer dans les détails de certaines ententes en cette importante journée pour sa nouvelle entreprise.

Au moment de publier, Mme Brouillet n'était pas disponible pour commenter la nouvelle. Son agent, Patrick Leimgruber, a pour sa part brièvement affirmé à La Presse que « les nouveaux propriétaires ont racheté le «stock», donc pour le moment, les choses sont telles qu'elles étaient. Pour la suite des choses, par contre, je ne sais pas du tout. »

Ils, elles ont dit

« C'est un très beau cadeau de Noël pour les 500 auteurs. Ces écrivains, on le sait, étaient pour la plupart tous très inquiets. L'immense majorité d'entre eux ne sont pas des gens qui font des millions par année, donc c'est une nouvelle très réjouissante et un grand soulagement. »

- Hélène David, ministre de la Culture et des Communications

« Je suis tellement ravie ! J'ai discuté avec (Raymond Talbot) et je trouve que ça vaut la peine d'aller de l'avant avec eux. Ils vont payer toutes les redevances dues, ce qui était inespéré, mais aussi respecter les contrats qui ont été signés. C'est une continuation pour la maison d'édition, il faut faire confiance. »

- L'auteure Sylvies Desrosiers, qui a publié son premier roman jeunesse mettant en vedette le chien Notdog, à La courte échelle, en 1987.

« Je suis très content et je suis convaincu qu'ils vont remettre ça sur les rails, en travaillant fort. L'édition n'est pas un domaine facile, et avec cette transaction, les auteurs et les créateurs se retrouvent en très bonne position. »

- L'auteur Bertrand Gauthier, fondateur de La courte échelle




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