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La FTQ-Construction rejette l'entente entérinée par l'Alliance syndicale

Les membres de la FTQ-Construction ont voté à... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE)

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Les membres de la FTQ-Construction ont voté à 96 % contre l'entente de principe.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE

Lia Lévesque
La Presse Canadienne
Montréal

L'entente de principe a finalement été entérinée dans l'industrie de la construction, mais avec une importante division au sein des syndicats.

La plus importante organisation syndicale, la FTQ-Construction, qui représente 44 pour cent des ouvriers dans l'ensemble du Québec, a voté contre à 96 pour cent. Mais les quatre autres organisations, qui représentent ensemble 56 pour cent des ouvriers, ont voté en faveur à 86 pour cent.

Cette entente de principe touche les secteurs industriel, commercial et institutionnel, c'est-à-dire les seuls qui n'avaient pas réussi à renouveler leurs conventions collectives à l'été 2013, dans un contexte de grève.

Les nouvelles conventions collectives entreront donc en vigueur le 31 août et elles s'appliqueront tout de même à la FTQ-Construction.

La loi -celle qui avait aussi aboli le placement syndical - stipule en effet que pour être adoptée, une convention collective doit être entérinée non seulement par une majorité des membres, mais qu'elle doit également l'être par au moins trois des cinq organisations syndicales de la construction. Les deux conditions ont donc été réunies.

Signe révélateur de l'importante division syndicale: aucune partie n'a voulu donner d'entrevue de fond vendredi, craignant de jeter ainsi de l'huile sur le feu. Chacun s'est contenté de diffuser un bref communiqué.

Tout au plus, au téléphone, le directeur général de la FTQ-Construction, Yves Ouellet, a laissé tomber: «Ça respecte le mandat qu'on avait eu; nos membres avaient dit ça. Ils ne voulaient pas, après la grève de l'année passée, subir des reculs. Et l'entente en a. Alors quand on a passé en assemblée, au-delà de 96 pour cent des membres ont voté contre à travers la province. Ils ont juste suivi leur idée première», a-t-il commenté, dépité.

Du côté de l'Alliance syndicale, le porte-parole Sylvain Morissette s'est réjoui. «La signature de ces conventions collectives vient mettre fin à un processus de négociation qui s'est déroulé dans des circonstances particulières avec une loi spéciale décrétée l'année dernière et la menace d'une nouvelle cette année. Nous sommes satisfaits d'avoir réussi à obtenir des gains monétaires importants pour l'ensemble des travailleurs», a-t-il commenté.

Du côté patronal, l'Association de la construction du Québec s'est dite «fière d'avoir concrétisé les ententes» de principe. Ses membres les ont entérinées à 97 et 98 pour cent, selon le secteur.

Dans un communiqué, la présidente Manon Bertrand s'est dite confiante de pouvoir garder la paix industrielle malgré le contexte. «L'entente négociée représente une victoire pour l'industrie puisqu'elle assure une paix industrielle pour les trois prochaines années et qu'elle donne des outils pour rencontrer les défis auxquels tous les entrepreneurs et travailleurs sont et seront confrontés», a-t-elle affirmé.

La nouvelle convention prévoit des augmentations de salaire de 2,4 pour cent cette année, 2,2 pour cent en 2015 et 2,3 pour cent en 2016.

La délicate question des heures supplémentaires à taux et demi a été référée à l'arbitrage.

L'entente prévoit aussi différentes modifications aux primes, comme aux primes d'équipe, de même que des modifications à la mobilité de la main-d'oeuvre sur les chantiers de courte durée et une augmentation des frais de transport.

Les autres secteurs de l'industrie - le résidentiel, de même que le génie civil et la voirie - avaient réussi à conclure une entente en 2013, dans un contexte de grève. Mais comme les secteurs institutionnel, commercial et industriel n'y étaient pas parvenus, le gouvernement péquiste d'alors avait prolongé les conventions collectives d'un an pour permettre aux parties de poursuivre les négociations. Celles-ci avaient jusqu'au 30 juin pour s'entendre. Elles n'y étaient pas parvenues et le nouveau ministre du Travail, Sam Hamad, avait même dû prolonger le mandat du médiateur.

Une entente de principe avait été conclue in extremis en juillet par les cinq organisations syndicales de la construction formant l'Alliance syndicale, mais la FTQ-Construction ne l'avait finalement pas recommandée à ses membres.

L'industrie de la construction au Québec compte quelque 175 000 ouvriers. De ce nombre, environ 90 000 travaillent dans les secteurs institutionnel, commercial et industriel.




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