Les inégalités sont en hausse au Québec parce que le rapport de force des salariés face à leurs employeurs a diminué au cours des années. C'est ce qu'affirme un chercheur de l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS), Paul-André Lapointe, dans une étude publiée hier. Il attribue notamment cette diminution du rapport de force à l'affaiblissement des syndicats.

Marie Tison LA PRESSE

> 10,5 %

Entre 1982 et 2010, les Québécois les plus fortunés ont accaparé une part de plus en plus grande des revenus totaux. En 1982, le 1 % des Québécois qui étaient au sommet de l'échelle salariale touchaient 6,8 % des revenus totaux. On parle maintenant de 10,5 %.

Les 50 % les moins fortunés ont vu leur part des revenus totaux chuter pendant cette période, passant de 13,0 à 10,5 %. Selon le chercheur, les Québécois les moins fortunés n'ont pas été en mesure de profiter de la croissance de la productivité.

> 21 %

Selon le chercheur, le syndicalisme est le principal acteur qui peut intervenir sur les inégalités dès le départ. À son avis, le syndicalisme a un effet positif sur les salaires, mais cet effet s'amenuise peu à peu. En 1997, le salaire horaire moyen des syndiqués était supérieur de 32,5 % à celui des non-syndiqués. En 2012, cet avantage n'était plus que de 21 %.

> 3,5

Entre 1997 et 2012, le salaire horaire moyen des cadres supérieurs a augmenté de 1,7 % en moyenne par an. Pendant la même période, il a stagné pour les opérateurs et les vendeurs/caissiers, soit une croissance de 0,4 à 0,7 %. En 2012, le salaire horaire d'un cadre supérieur était 3,5 fois supérieur à celui d'un vendeur ou d'un caissier ; en 1997, il était 3 fois supérieur. Le chercheur indique que l'État peut atténuer les inégalités grâce à ses politiques fiscales et ses politiques de redistribution, mais il insiste sur l'importance d'agir sur les inégalités dès le départ.

> 36,3 %

Paul-André Lapointe explique que la présence syndicale recule au Québec. La densité syndicale, c'est-à-dire le taux de syndicalisation et le taux de couverture par une convention collective, dépassait les 42 % au début des années 90 ; elle n'est plus que de 36,3 %. C'est tout de même mieux que la densité syndicale de 27,1 % dans les autres provinces canadiennes et de 11,3 % aux États-Unis.