Taxi: les applis mobiles secouent le marché

Les applications mobiles lancées cet automne à Montréal secouent le marché... (Photo Olivier Jean, archives La Presse)

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Sylvain Larocque
La Presse

Les applications mobiles lancées cet automne à Montréal secouent le marché montréalais du taxi, à tel point que les entreprises traditionnelles de répartition demandent aux autorités d'intervenir.

«Toutes les compagnies de taxi ont peur de ça», lance Konstantinos Giannakoudis, président de Taxi Champlain, dont le centre d'appels dessert environ 500 voitures.

«On n'a pas encore senti d'impact sur nos affaires, mais c'est sûr qu'il va y en avoir un», ajoute-t-il.

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Jean-Nicolas Guillemette, DG d'Uber

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Les deux applications en cause sont Hailo et Uber, qui sont présentes à Montréal depuis novembre. Elles permettent de commander un taxi à partir d'un téléphone intelligent et de régler la course à l'aide d'une carte de crédit.

Uber et Hailo assurent avoir recruté des «centaines» de chauffeurs montréalais et avoir effectué des «milliers» de courses dans la métropole pendant leur premier mois et demi d'activité.

Chez Taxi Diamond, la plus grande entreprise de répartition de Montréal, on a prévu le coup en lançant une application mobile dès 2012. Jusqu'ici, elle a été téléchargée plus de 40 000 fois. Taxi Coop, qui regroupe 330 voitures, a aussi son appli.

Déjà, entre 8 et 10% des commandes de Taxi Diamond sont effectuées par l'entremise de son application et d'une appli partenaire, Tag Taxi, indique le directeur général adjoint de l'entreprise, Denis Laramée. Cette nouvelle source de clients a contribué à la croissance de 10% du nombre de courses en 2013, soit plus de 4,8 millions.

Malgré tout, les compagnies de taxi traditionnelles pressent le Bureau du taxi de Montréal et la Commission des transports du Québec de sévir contre Hailo et Uber, y voyant une forme de concurrence déloyale. Aux États-Unis, des villes comme Houston et Philadelphie ont empêché des applications mobiles de débarquer sur leur territoire.

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Jeff Desruisseaux, DG de Hailo

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Stratégies distinctes

Hailo a réussi à obtenir un permis du Bureau du taxi en novembre. Uber a choisi de ne pas présenter de demande. «Nous ne sommes pas un intermédiaire en service de taxi, mais une entreprise technologique», justifie Jean-Nicolas Guillemette, directeur général d'Uber Montréal.

Pour M. Laramée, Hailo et Uber nuisent à la qualité du service parce que certains chauffeurs utilisent en même temps les services de répartition d'entreprises traditionnelles et ceux des applications mobiles, de sorte que le temps d'attente s'allonge parfois pour les clients.

Les entreprises de répartition interdisent à leurs chauffeurs d'utiliser Uber ou Hailo, mais certains n'obtempèrent pas. Jusqu'ici, Diamond a «expulsé» une dizaine d'entre eux pour cette raison. Les quelque 1000 chauffeurs «indépendants» de Montréal, qui ne sont affiliés à aucune entreprise, peuvent se servir des applications mobiles sans restriction.

Hailo et Uber assurent qu'ils ne cherchent pas à recruter les chauffeurs affiliés aux entreprises traditionnelles. «Nous offrons un service complémentaire, dit Jeff Desruisseaux, directeur général de Hailo Montréal. Nous agrandissons le marché en ramenant des gens au taxi grâce à la technologie.»

Diamond soutient par ailleurs que les chauffeurs paient davantage pour utiliser Hailo ou Uber que pour utiliser ses services. Les entreprises traditionnelles facturent environ 300$ par mois aux chauffeurs alors que les applications mobiles prélèvent une commission de 15% sur le coût des courses. Par exemple, pour un chauffeur qui effectue 60 courses de 15$ par semaine, utiliser exclusivement Uber ou Hailo représenterait une facture de 540$.




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