Les régimes de retraite des municipalités sont dans le rouge de 4,8 milliards. C'est un trou immense qui se creuse en sourdine. Et chaque pelletée s'ajoute aux dettes des Québécois.

Mis à jour le 14 août 2012
Stéphanie Grammond LA PRESSE

«Les régimes du secteur public ont toujours des conditions très favorables et le prix politique pour toucher à ces régimes-là est toujours très élevé», constate Patrik Marier.

Mais depuis 10 ans, les fonctionnaires ont mis de l'eau dans leur vin, un peu partout dans le monde.

Dans leur dernier budget, le Canada et l'Ontario ont d'ailleurs annoncé des mesures pour résoudre la crise des régimes de retraite.

Afin que les régimes offerts aux fonctionnaires fédéraux soient «équitables par rapport à ceux offerts par le secteur privé», Ottawa veut hausser les contributions des employés et relever l'âge normal de la retraite de 60 à 65 ans, pour les employés embauchés à partir de 2013.

«Au Québec, le déficit des régimes de retraite des fonctionnaires doit être abordé», considère Jean-Pierre Aubry.

Doit-on repousser l'âge de la retraite des fonctionnaires? Faut-il revoir le régime pour les nouveaux employés? Migrer vers un régime à prestation cible, comme le souhaite l'Union des municipalités...

Avec le RREGOP, le plus important régime de la fonction publique provinciale, les travailleurs peuvent toucher leur rente, sans pénalité, à partir de 60 ans ou même plus tôt pour ceux qui ont 35 ans de service. Et ils peuvent prendre leur préretraite à partir de 55 ans, avec une réduction de la rente de 4% par an, bien moins que la réduction de la RRQ (7,2%).

«Sans réforme, les gouvernements embaucheront davantage de contractuels, ce qui minera la fonction publique à long terme», prévient M. Marier.

Engagement:

Tous les partis évitent de parler des régimes de pension dont le gouvernement est responsable et qui sont en déficit actuariel, constate M. Aubry. «La situation financière du gouvernement n'est pas aussi bonne qu'il le laisse croire si on tient compte des importants déficits actuariels des régimes de pension dont il est responsable», souligne-t-il.

LE DÉFICIT DES RÉGIMES DES MUNICIPALITÉS ATTEINT 4,8 MILLIARDS