Les organisateurs d'événements majeurs comme le Grand Prix de Formule un ou le Festival Juste pour rire espèrent que les étudiants rentreront chez eux avant le week-end du Grand Prix.

André Dubuc et Isabelle Massé LA PRESSE

«J'espère de tout coeur que ça va se régler», a dit hier Gilbert Rozon au cours d'un entretien.

Il paraissait encouragé que le gouvernement et les leaders étudiants acceptent l'idée de reprendre les pourparlers. Le grand patron de Juste pour rire a été pris à partie le week-end dernier après qu'il eut appuyé publiquement la loi 78, qui vient encadrer le déroulement des manifestations.

En réaction à sa prise de position, des internautes ont appelé au boycottage de son festival, un événement majeur de l'été montréalais.

Depuis qu'il a fait l'objet de menaces, M. Rozon n'a pas fait de gestes concrets pour éviter de possibles débordements pendant la tenue de son festival. «On est encore à environ 60 jours de notre événement. On verra. Je ne suis tout de même pas responsable de la sécurité publique», dit-il.

Gilbert Rozon ne regrette pas pour autant sa prise de position, mais il ne veut pas ajouter de l'huile sur le feu en demandant aux associations étudiantes de s'engager à faire une trêve de manifestations pendant la saison des festivals. «On va m'accuser de vouloir tout mélanger, si les leaders décident de faire la trêve, ça sera leur décision», a-t-il dit.

M. Rozon a répété qu'il reconnaissait à tous le droit de manifester leur désaccord pourvu que ça se fasse sans violence et dans le respect des opinions contraires.

Au début de la semaine, le responsable du Grand Prix de Formule 1 du Canada a fait part de son inquiétude à l'approche de l'épreuve qui se tient le dimanche 10 juin. François Dumontier a confié à La Presse que l'équipe de sécurité du Grand Prix avait eu des rencontres avec le Service de police de la Ville de Montréal et la Société de transport de Montréal à propos de possibles perturbations. «Je ne nie pas qu'on suit ça du coin de l'oeil et qu'on va suivre l'évolution du conflit dans les prochains jours», a alors expliqué le promoteur. Dans la semaine précédant l'épreuve, plusieurs activités ont lieu rue Crescent et risquent fort d'être la cible des manifestants d'une façon ou d'une autre.

D'autres organisateurs souhaitent tout autant un dénouement rapide du conflit. «Actuellement, on ne craint pas une baisse de la clientèle, puisque notre événement est plus loin dans l'été (du 13 au 19 août)», indique Jean-François Perrier, directeur du marketing de Fierté Montréal. Les célébrations de la Fierté Montréal ont attiré en 2011 environ 299 300 personnes, dont le quart de l'extérieur de Montréal. «Le conflit peut se régler bientôt, dit M. Perrier. Et les gens peuvent encore faire la part des choses.»

«Nous jugeons qu'il est trop prématuré d'en discuter, en souhaitant que le conflit se règle rapidement pour le bien de tous d'ici là», a fait savoir par écrit Élise Casavant, attachée de presse des Francofolies de Montréal, organisées par Spectra. Le PDG de Spectra, Alain Simard, fait confiance aux jeunes et croient qu'ils laisseront le festival des FrancoFolies tranquille, en plein centre-ville montréalais. «Les FrancoFolies sont apolitiques et justement destinées d'abord et avant tout aux jeunes», a-t-il dit en conférence de presse en début de semaine.

Réponse similaire du côté de Divers/Cité (La fête gaie de Montréal, du 30 juillet au 5 août 2012): «Notre conseil d'administration n'a pas adopté de position officielle par rapport à la situation en vigueur. On souhaite limiter notre discours aux questions qui touchent à notre programmation», dit Simon Girard, responsable des communications de Divers/Cité.

Événement Visiteurs Retombées économiques (valeur ajoutée)

Grand Prix du Canada (Formule 1) 300000 90 millions

Festival international de jazz 1,9 million 96 millions

Juste pour rire 1,5 million 50 millions

FrancoFolies 800 000 15 millions

International des feux Loto-Québec 3 millions* 22 millions

*Estimation du nombre de spectateurs total par Six Flags.

Nombre de spectateurs payants non dévoilé.

Sources : promoteurs, Ville de Montréal