En 2010, les conditions économiques des agriculteurs québécois auront vraisemblablement été moins bonnes qu'au cours des trois années précédentes, révèle un indicateur avancé publié par la Financière agricole du Québec (FADQ). Mais l'organisme public ajoute que «la conjoncture est désormais propice à un redressement des recettes monétaires provenant du marché».

Publié le 22 déc. 2010
Hugo Fontaine LA PRESSE

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Déjà, les recettes du marché ont commencé à grimper en 2010, souligne la FADQ dans son Agroindicateur annuel.

Après une baisse de 3,4% au premier trimestre de 2010 (par rapport au trimestre correspondant en 2009), elles ont augmenté de 1,7 et 3,9% dans les deux trimestres suivants. La FADQ prévoit aussi une croissance de plus de 1% au quatrième trimestre.

Mais la Financière prévoit néanmoins un revenu agricole net entre 650 et 700 millions de dollars en 2010, en baisse notable par rapport aux résultats de 2007 à 2009, qui varient entre 764 et 794 millions. Sur les cinq dernières années (2005-2009), la moyenne est de 694 millions.

Les programmes gouvernementaux

La diminution des revenus provenant des programmes gouvernementaux, moins sollicités quand les prix augmentent, explique une partie de ce recul. Et il reste surtout une inconnue dans l'équation: la croissance des coûts et des dépenses, qu'on connaîtra plus tard.

Selon Charles-Félix Ross, économiste en chef de l'Union des producteurs agricoles, la baisse du revenu net des entreprises agricoles laisse sous-entendre que plusieurs productions sont fragilisées, particulièrement dans le secteur animal.

Mais il confirme que les perspectives des prix sont plus réjouissantes pour les cinq années à venir, tant dans les productions animales que végétales.

Retour sur 2010

Même si les recettes du marché ont globalement augmenté en 2010, la situation est très variable d'une production à l'autre.

Chez les producteurs québécois de céréales, les conditions climatiques défavorables avaient causé une baisse des rendements pour la récolte de 2009. Pendant ce temps, la hausse des rendements aux États-Unis tirait les prix vers le bas. C'est ainsi que les ventes de soya et de maïs ont diminué de 19% au Québec pendant les trois premiers trimestres de 2010.

La récolte de l'automne 2010 s'annonce meilleure, et, par conséquent, les revenus pour 2011.

Les aléas du climat en Russie et dans l'ouest du Canada soutiennent les prix du maïs. Et comme en agriculture les années se suivent, mais ne se ressemblent pas, les rendements sont cette fois meilleurs au Québec et moins intéressants aux États-Unis.

«En d'autres termes, les producteurs de maïs du Québec profitent du double avantage que confèrent des rendements élevés jumelés à des prix élevés», résume la Financière agricole.

Les producteurs de porcs, affligés de tous les maux depuis cinq ans, ont pu souffler un peu en 2010. Des prix en hausse ont contribué à un bond de 22% de leurs recettes monétaires au cours des trois premiers trimestres. Et tout indique que cette croissance est encore au rendez-vous en cette fin d'année.

Les éleveurs bovins n'ont pas eu la même chance. Les prix sont demeurés plus bas qu'en 2009. Dans le secteur laitier, moins volatil grâce au système de gestion de l'offre, les recettes ont avancé de 2%.