Certaines société d'Etat «commerciales» pourront encore donner des bonus à la performance à leurs dirigeants et à leurs employés en dépit de la politique d'austérité du gouvernement. C'est ce qu'a indiqué dimanche le premier ministre Charest, en marge d'une réunion spéciale de son conseil des ministres.

Denis Lessard LA PRESSE

Le gouvernement déposera prochainement à l'Assemblée nationale un projet de loi pour proscrire ces bonus à l'ensemble de la fonction publique ainsi que pour les réseaux de l'Education et de la Santé. Les sociétés d'Etat seront touchées à l'exception de celles placées sous l'égide de la Loi sur la gouvernance. On retrouve dans ce groupe la Caisse de dépôt et placement, mais aussi la Société générale de Financement, Investissement Québec, la Financière agricole, la Société des Alcools et la Société d'assurance automobile du Québec.

Dimanche, M. Charest ne pouvait dire combien de cadres et de gestionnaires de ces boîtes recevront tout de même des primes au rendement et il ne pouvait davantage chiffrer le montant de ces bonus. En revanche, le total des primes qui ne seraient plus versées s'élèverait à 9 millions $ par année. Selon Jean Charest, certains bonus se justifient, comme ceux pour les spécialistes en placement de la Caisse de dépôt dont les compétences sont prisées. La bonification fait partie de leur rénumération, «il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain», de souligner M. Charest.

Les sociétés qui donneront des bonus à leurs cadres devront compenser par des mesures «équivalentes» et trouver des économies de la même ampleur dans leur administration.

Le conseil des ministres s'est aussi réuni pour faire le point sur plusieurs mesures découlant du budget. Par exemple, la décision d'étendre aux réseaux Santé et Education la politique de remplacer un départ sur deux a été arrêtée. Toutefois, ce calcul sera basé sur la masse salariale, plutôt que sur des postes précis, afin d'assurer plus de souplesse aux établissements.

Le projet de loi précisera aussi que le gouvernement doit retrancher 25 % de ses dépenses en publicité, et sabrer 10% de ses dépenses de fonctionnement. A terme, en 2013-2014, les décisions annoncées hier permettront des économies de 500 millions $ annuellement, d'expliquer M. Charest.

Les ministres réunis ont reçu une visite rassurante, celle de leur collègue Claude Béchard. En convalescence, il est passé échanger quelques minutes. Amaigri, M. Béchard a rassuré ses collègues. M. Charest a souligné sa hâte de le revoir occuper son siège autour de la table du conseil des ministres.