La croissance ne viendra pas des États-Unis ou des autres pays développés, mais de pays émergents, comme l'Inde.

Marie Tison
Marie Tison LA PRESSE

Dans ce contexte, la mission commerciale que dirigera le premier ministre Jean Charest en Inde à partir de dimanche prochain sera particulièrement importante.

«À venir jusqu'à récemment, ce sont les États-Unis qui étaient la locomotive économique mondiale, a affirmé le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Clément Gignac, dans une entrevue téléphonique avec La Presse Affaires. Mais à l'heure actuelle, ils sont endettés et doivent faire le ménage. Les pays de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) auront également une faible croissance. La croissance viendra plutôt du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine).»

«C'est important de se positionner», a soutenu le ministre, qui prendra part à la mission.

Avec 1,1 milliard d'habitants, l'Inde est maintenant la 10e économie mondiale. En 2008-2009, elle a enregistré une croissance du produit intérieur brut de 6,7%, en dépit du ralentissement économique mondial.

En une semaine, la mission québécoise visitera Bombay, Bangalore et Delhi. Elle comptera 125 participants, dont 90 dirigeants d'entreprises. On parle d'entreprises qui abordent le marché indien pour le première fois, mais aussi de sociétés qui sont déjà très actives en Inde, comme le manufacturier de simulateurs de vol CAE.

«Le but, c'est de renforcer les liens déjà établis et d'ouvrir des portes, a indiqué le ministre Gignac. C'est important de montrer que nos entreprises sont appuyées par le gouvernement.»

Le gouvernement du Québec avait organisé une mission commerciale en Inde en 2006. À l'époque, les exportations québécoises vers ce pays ne représentaient que 239 millions de dollars. En 2008, elles avaient presque doublé pour atteindre 428 millions.

M. Gignac n'attribue pas cette augmentation à la seule mission de 2006, mais selon lui, elle y a probablement contribué.

Toutefois, il ne faudrait pas s'attendre à la conclusion de nombreuses ententes et contrats au cours de la nouvelle mission. Selon le ministre, il faudra plutôt surveiller ce qui va se passer au cours des deux prochaines années.

«Ce que nous espérons, c'est que les discussions amorcées pendant cette mission débouchent sur des ententes concrètes», a-t-il déclaré.

Les entreprises qui participent à la nouvelle mission proviennent principalement des secteurs de l'infrastructure, de l'énergie, du bâtiment, des technologies de l'information, des communications, des sciences de la vie, du transport ferroviaire et de l'aéronautique.

CAE exploite déjà un centre de formation à Bangalore pour l'aviation civile et un autre pour les hélicoptères militaires. Elle gère également deux écoles de pilotage, soit une école qui fait l'objet d'une coentreprise avec le gouvernement indien, et une autre qui appartient au gouvernement indien. En outre, CAE a acheté une petite entreprise indienne qui se spécialise dans la simulation du côté militaire.

Malgré son expérience du marché indien, CAE a décidé de se joindre à la mission organisée par le gouvernement québécois.

«Souvent, ce type d'initiative permet de rencontrer plus facilement des haut placés au niveau du gouvernement, ce qui nous aide pour la suite des choses, pour nos contrats», a commenté la vice-présidente aux communications de CAE, Nathalie Bourque, en entrevue téléphonique avec La Presse Affaires.

Elle a rappelé que l'Inde était le troisième plus grand acheteur de matériel militaire dans le monde. Or, la défense représente à peu près la moitié du chiffre d'affaires de CAE.