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La «super SGF» est de retour

Après avoir durement critiqué la «super SGF» de Bernard Landry, le gouvernement... (Photo: André Tremblay, La Presse)

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Photo: André Tremblay, La Presse

Hélène Baril

(Montréal) Après avoir durement critiqué la «super SGF» de Bernard Landry, le gouvernement de Jean Charest vient en quelque sorte de la ressusciter en lui confiant 1,25 milliard de dollars à investir au cours des deux prochaines années.

C'est plus de 600 millions par année à investir. Tout un programme, étant donné que les investissements de la SGF ont à peine réussi à dépasser les 200 millions par année au cours des cinq dernières années, dans une économie florissante.

 

L'an dernier, la SGF a investi 176 millions dans des entreprises actives au Québec. Depuis 2004, ses investissements ont dépassé les 200 millions deux fois seulement, en 2005 et 2006.

Il faudrait maintenant que la société d'État investisse plus de 600 millions par année au cours des deux prochaines années dans une économie déprimée. «C'est trop et c'est trop vite», a commenté hier un ancien membre du conseil d'administration de la SGF, qui rappelle que la dernière fois que la SGF a eu autant d'argent à investir, son rendement a été désastreux.

Il faut en effet remonter à la fin des années 90, sous la présidence de Claude Blanchet, pour trouver des niveaux d'investissements comparables. Le gouvernement péquiste d'alors, dirigé par Bernard Landry, avait décidé de donner plus de muscle à son bras financier en lui accordant 2 milliards à investir sur cinq ans.

Le niveau d'investissement a grimpé en flèche, passant de 81 millions en 1998 à 383 millions l'année suivante. Il a atteint le niveau record de 736 millions en 2001.

Le niveau des pertes de la SGF a aussi augmenté sensiblement, en même temps que les investissements. En 2003, la société d'État a affiché une perte record de 511 millions. On a appris plus tard que les primes des dirigeants de la SGF étaient liées au montant des nouveaux investissements réalisés dans l'année et non au rendement des investissements.

Aussitôt arrivés au pouvoir, en 2003, les libéraux de Jean Charest se sont empressés de couper les ailes à la SGF et de congédier son président.

Dans les années qui ont suivi, le niveau des investissements de la SGF est retombé, pour atteindre un creux en 2005, à 78 millions. Selon son président, Pierre Shedleur, un rythme «normal» d'investissement de la SGF serait autour de 250 millions par année.

Sous son règne, la SGF n'est pas encore parvenue à atteindre cet objectif de 250 millions, même si elle a pris plus de risque, notamment en investissant dans le cinéma hollywoodien avec Alliance Films.

Réussira-t-elle à faire plus, comme le gouvernement le lui demande? «C'est une grosse commande», a dit l'ancien ministre Daniel Paillé, aussi ancien vice-président de la SGF et maintenant professeur à HEC Montréal.

Selon lui, c'est pratiquement impossible d'investir autant d'argent aussi rapidement dans le capital-actions d'entreprises, comme le veut le mandat de la SGF.

«Ça va surtout être des prêts et des garanties de prêts», a-t-il estimé, une tâche qui revient normalement à Investissement Québec.

Le président de la SGF, lui, n'a pas sauté de joie en apprenant qu'il recevrait 1,25 milliard de plus à investir en deux ans.

«On devra prendre un peu plus de risques qu'on voudrait», a dit récemment M. Shedleur à La Presse Affaires.

 




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