Les présidents chinois Xi Jinping et russe Vladimir Poutine ont insisté jeudi sur la nécessité de «renforcer» la coopération entre pays des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), dans un climat de guerre commerciale avec les États-Unis.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Les conflits géopolitiques et l'escalade du protectionnisme et de l'unilatéralisme affectent directement le développement des marchés émergents et des marchés en voie de développement», a estimé M. Xi au deuxième jour du sommet des Brics à Johannesburg.

«Nous devons rester engagés dans le multilatéralisme», a-t-il insisté. Dans ce contexte, «il est nécessaire que les Brics renforcent leur partenariat stratégique» pour faire «de la prochaine décennie une autre décennie en or».

M. Xi a appelé le forum des cinq pays émergents, lancé en 2009, à «déverrouiller le potentiel énorme de (leur) coopération économique».

Son homologue l'a suivi, estimant que les Brics jouaient «un rôle unique dans l'économie mondiale».

«Ils contribuent à hauteur de 42% au PIB mondial et cette part ne cesse de croître», s'est félicité Vladimir Poutine.

«En 2017, le commerce entre les Brics a augmenté de 30% et nous comptons développer encore plus ce partenariat», a-t-il assuré, un pin's des Brics épinglé à son costume.

Ces appels à la coopération interviennent alors que le président américain Donald Trump a déclenché ces derniers mois les hostilités commerciales contre Pékin, Bruxelles et Moscou.

Il a notamment imposé des taxes douanières sur l'acier et l'aluminium visant surtout la Chine et menace désormais de taxer de façon punitive la totalité des importations chinoises.

Pour tenter de désamorcer la crise, M. Trump et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker se sont rencontrés mercredi à Washington.

Le président américain a promis de revoir la question des tarifs douaniers américains sur l'acier et l'aluminium européens. MM. Trump et Juncker ont aussi annoncé une série de décisions dans l'agriculture, l'industrie et l'énergie dont la portée exacte reste à confirmer.

Acune avancée dans les négociations entre Washington et Pékin 

Il n'y a aucune avancée entre Washington et Pékin sur les négociations commerciales, a indiqué jeudi le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, exhortant Pékin à négocier «sérieusement».

«J'ai été parfaitement clair (sur le fait) que lorsque la Chine sera disposée à négocier sérieusement -- nous parlons d'un engagement à réduire le déficit commercial bilatéral (des États-Unis avec Pékin) et à résoudre les problèmes de (transfert de) technologies -- nous serons toujours disponibles», a-t-il déclaré sur la chaîne américaine CNBC.

«Nous sommes prêts s'ils veulent véritablement négocier», a-t-il ajouté.

Il a par ailleurs prévenu que les États-Unis surveillaient de près les mouvements de la devise chinoise alors que Donald Trump a accusé Pékin de manipuler le yuan.

La Chine n'a pas été officiellement épinglée par le Congrès américain pour la manipulation du yuan depuis 1994.

Les États-Unis ont notamment accusé, devant l'OMC, la Chine de prétendre à tort qu'elle oeuvrait en faveur d'une ouverture de son économie, affirmant que le véritable objectif de Pékin était d'accroître le contrôle économique de l'État. 

Mardi, Maurice Obstfeld, le chef économiste du Fonds monétaire international (FMI), avait estimé qu'en dépit des mouvements de devises constatés récemment, «il n'y a pas de preuve de manipulation», lors d'un entretien avec la chaîne américaine CNBC.

La Maison-Blanche a décidé de mener une politique commerciale agressive contre la Chine qu'elle accuse de pratiques «déloyales».

Elle a ainsi imposé des taxes douanières supplémentaires de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium chinois depuis fin mars.

Depuis le 6 juillet, 34 milliards de dollars d'importations de marchandises chinoises sont en outre taxées à hauteur de 25%.

Donald Trump menace également d'imposer des taxes supplémentaires de 10% à partir de septembre sur 200 milliards de dollars d'importations chinoises.

Le président américain exige que le géant asiatique réduise de 200 milliards de dollars le déficit commercial américain qui s'élevait à plus de 375 milliards en 2017 avec la Chine. Il a également menacé de taxer l'ensemble des importations chinoises sans donner de calendrier ni de pourcentage.