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Le Brésil émerge de la récession en pleine crise politique

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Les graves accusations de corruption qui pèsent sur le président Michel Temer (photo), lequel s'accroche au pouvoir malgré la pression populaire, ont refroidi les prévisions concernant la baisse du taux directeur de la Banque centrale (BCB) de la première économie d'Amérique latine, attendue mercredi.

AFP

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Jorge SVARTZMAN
Agence France-Presse
RIO DE JANEIRO

Le Brésil devrait annoncer jeudi le retour à la croissance au premier trimestre 2017 après deux années de récession, une bonne nouvelle économique assombrie par la profonde crise politique qui secoue le pays et inquiète les marchés.

Les graves accusations de corruption qui pèsent sur le président Michel Temer, lequel s'accroche au pouvoir malgré la pression populaire, ont également refroidi les prévisions concernant la baisse du taux directeur de la Banque centrale (BCB) de la première économie d'Amérique latine, attendue mercredi.

L'Institut brésilien de géographie et statistiques (IBGE) devrait annoncer une hausse du PIB de 0,9% au premier trimestre par rapport au trimestre précédent, selon la moyenne des estimations des vingt analystes et institutions consultés par le quotidien économique Valor.

Il s'agirait du premier résultat trimestriel positif depuis la fin 2014, lorsque le géant sud-américain avait sombré dans la récession, avec un recul de son PIB de 3,8% en 2015 et de 3,6% en 2016.

D'une année sur l'autre, le PIB des trois premiers mois de 2017 se contracterait toutefois de 0,3%, prévoient les experts.

«Nous laissons derrière nous la plus forte récession de l'histoire brésilienne», a déclaré mardi le chef de l'État lors d'un forum d'entreprises à Sao Paulo, prenant les devants sur l'annonce officielle des chiffres économiques.

«Nous ne permettrons pas que (...) des mesures populistes mettent à nouveau en danger le présent et l'avenir des Brésiliens», a ajouté celui qui est arrivé au pouvoir l'an dernier après la destitution de la présidente de gauche Dilma Rousseff par le Congrès.

«Nous arriverons à la fin 2018 avec la maison bien rangée», a-t-il ajouté, en signe de défi à tous ceux qui prévoient sa chute avant le terme du mandat en cours.

Mais son optimisme risque de ne pas être contagieux, tant l'ambiance au Brésil est plombée par les dénonciations de corruption qui pèsent contre lui depuis la révélation, à la mi-mai, d'un enregistrement compromettant dans lequel M. Temer semble donner son accord pour acheter le silence d'un ex-député aujourd'hui en prison.

«Incertitude politique croissante»

Elle aussi pessimiste, l'agence de notation financière Standard & Poor's a averti la semaine dernière qu'elle pourrait abaisser la note de la dette souveraine du Brésil en raison de «l'incertitude politique croissante».

Le retour à la croissance pourrait également être gâché par les nouveaux chiffres record du chômage, également attendus mercredi. Le taux devrait passer de 13,7% à 13,9%, selon le cabinet Gradual Investimentos.

Avec au total, 14,2 millions de personnes à la recherche d'un emploi, il s'agirait du taux de chômage le plus élevé depuis le début de la série statistique, en 2012.

Selon l'analyste indépendant Felipe Queiroz, une évolution positive du PIB serait un indicateur «marginal», car le Brésil fait face à «une conjoncture récessive», aggravée par «les coupes dans les dépenses publiques et les investissements ainsi que par la hausse du chômage».

Alors que les Brésiliens sont exaspérés par les scandales à répétition qui éclaboussent la classe politique, dont plusieurs ministres de M. Temer, la Banque centrale devrait procéder à sa sixième baisse consécutive de son taux directeur, passé de 14,25% en octobre à 11,25% en avril.

Avant les révélations explosives concernant le président Temer, les analystes s'accordaient sur une réduction de 1,25 point de pourcentage. À présent, les prévisions diffèrent.

Sur les 41 experts consultés par Valor, un seul table sur une baisse de 1,25 point, 35 sur 1 point de réduction et cinq sur une baisse de 0,75 point.

La dernière enquête Focus a revu légèrement à la hausse la prévision de l'inflation pour 2017, à 3,95%, et légèrement à la baisse (de 0,50% à 0,49%) ses prévisions de croissance du PIB pour 2017.

Selon M. Queiroz, les taux actuels «très élevés» «favorisent avant tout le marché financier».

Mais «avec un taux de chômage élevé et des prévisions d'inflation encore limitées, il n'y a aucune pression inflationniste consistante», souligne l'analyste, pour qui la baisse du taux directeur de la BCB «devrait être supérieure à 1%».




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