Le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mark Carney, s'est défendu mardi d'avoir participé à la campagne des opposants au Brexit lors du récent référendum et a démenti toute collusion avec le ministre des Finances, George Osborne.

Publié le 12 juill. 2016
AGENCE FRANCE-PRESSE

M. Carney a été auditionné par la commission parlementaire sur le Trésor, dont le président, Andrew Tyrie, l'a interrogé en détail sur les mises en garde publiées par la banque centrale avant le référendum sur l'UE du 23 juin. Les partisans du Brexit ont accusé la Banque d'Angleterre, un organe indépendant, et particulièrement M. Carney, d'être sorti de son devoir de réserve.

«Nous avons eu des discussions approfondies à propos des risques et de la manière dont nous répondons à ces risques. C'est notre responsabilité statutaire d'identifier les risques sur la stabilité financière», a expliqué M. Carney, en évoquant une réunion du Comité de politique financière de la Banque d'Angleterre, qui avait jugé en mars que le Brexit représentait un risque de ce point de vue.

M. Carney a été interrogé par M. Tyrie sur le contenu de discussions entretenues par le gouverneur avec le ministre des Finances, George Osborne, un partisan du maintien dans l'UE, qui a mené une campagne fervente en ce sens. M. Tyrie lui a demandé s'il avait parlé avec M. Osborne du contenu ultérieur des avis rendus par la Banque d'Angleterre, qui a averti au printemps non seulement des risques financiers, mais aussi des risques entraînés par un Brexit pour la croissance économique britannique.

«Nous n'avons pas eu de discussions à propos de la ligne probable que tiendrait la Banque d'Angleterre. Je n'ai pas préjugé de la ligne de ces comités et n'aurais pas pu le faire car ce n'est pas la façon dont fonctionne le système», a répondu fermement M. Carney.

Il a expliqué que la Banque d'Angleterre avait rendu des avis sur les conséquences économiques et financières attendues du Brexit non pas parce qu'elle voulait influer sur le résultat du vote mais tout simplement parce que c'est son mandat.

«Si nous voyons quelque chose comme le risque principal, nous avons l'obligation, une obligation statutaire, de le faire savoir clairement au Parlement, nous avons une obligation vis-à-vis du peuple britannique», a souligné le gouverneur.

Avant cette audition, M. Carney avait déjà fait trois apparitions publiques depuis l'annonce de la victoire des partisans du Brexit le 24 juin, le gouverneur se présentant comme un garant de la stabilité de l'économie et du système financier au moment où le monde politique britannique donnait une image de désordre.