L'Argentine, qui était tombée en faillite en 2001, a critiqué lundi l'accord trouvé entre la zone euro et la Grèce, estimant qu'il est synonyme de perte de souveraineté pour Athènes.

Publié le 13 juill. 2015
AGENCE FRANCE-PRESSE

«C'est une perte de souveraineté pure et simple. Le FMI demande au premier ministre grec Alexis Tsipras de signer pour que le Fonds impose comment gérer l'argent» des Grecs, a dénoncé le chef du gouvernement argentin, Anibal Fernandez.

«Ce qui a été proposé c'est une réforme très dure qui oblige la Grèce à te tirer une langue de 50 centimètres de long», c'est-à-dire à faire de lourds sacrifices, poursuit Anibal Fernandez.

En 2001, étranglée par la dette, l'Argentine avait refusé de continuer de suivre les recommandations du FMI et s'était déclarée en défaut de paiement sur 100 milliards de dollars de dette extérieure privée.

Le pays sud-américain avait ensuite imposé à ses créanciers privés une restructuration, avec un fort allègement de la dette, accepté par 93 % des détenteurs de bons. Après plusieurs années de croissance soutenue post-crise, Buenos Aires a ensuite remboursé ses arriérés de dette au FMI.

Les Européens ont conclu lundi au petit matin un accord pour négocier un troisième plan d'aide à la Grèce, en réclamant de lourds sacrifices au pays et la poursuite de l'engagement du Fonds monétaire international.

L'accord a été diversement interprété.

Les marchés l'ont salué d'une hausse dans les principales places financières, l'UE juge qu'il s'agit d'une avancée positive, alors que du côté du parti de gauche espagnol Podemos, il s'agit d'un «coup d'État financier».

Une liste de mesures drastiques ébauchée par l'Eurogroupe pour réaliser des économies devra être validée.