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L'économie espagnole dans un cerle vertueux

L'Espagne a procédé depuis 2012 à d'importantes réformes... (Photo Antonio Heredia, Bloomberg)

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L'Espagne a procédé depuis 2012 à d'importantes réformes de son marché du travail, se traduisant par une plus grande flexibilité et une baisse des coûts des licenciements.

Photo Antonio Heredia, Bloomberg

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Laure FILLON
Agence France-Presse
MADRID

L'économie espagnole, sortant d'une crise dévastatrice, est entrée dans un cercle vertueux avec une croissance plus forte que ses voisins, fruit de réformes structurelles, mais toujours fragile compte tenu du chômage endémique et de la montée «des populismes», selon le FMI.

L'Espagne est, avec les États-Unis, le seul pays pour lequel le Fonds monétaire international a relevé ses prévisions à la hausse mardi. Ses attentes ont baissé pour le reste du monde.

Il a revu en hausse à 2% (+0,3%) sa prévision pour le produit intérieur brut (PIB) de l'Espagne cette année, s'alignant sur celle du gouvernement conservateur, et table sur 1,8% en 2016.

Cette bonne dynamique s'explique par «une amélioration substantielle de la compétitivité, due à une augmentation de la productivité et à une baisse des salaires» soutenant les exportations, a expliqué le chef économiste du FMI, Olivier Blanchard, lors d'une conférence de presse à Pékin.

Plongé dans la crise par l'éclatement d'une bulle immobilière qui a précédé la tempête sur les marchés mondiaux, le pays a procédé depuis 2012 à d'importantes réformes de son marché du travail, se traduisant par une plus grande flexibilité et une baisse des coûts des licenciements. Ceci lui a permis «d'améliorer énormément sa compétitivité», souligne Jésus Castillo, économiste chez la banque Natixis, interrogé par l'AFP.

Une autre bonne nouvelle est la reprise de la demande intérieure. Les Espagnols n'hésitent plus à consommer après s'être serrés la ceinture pendant plusieurs années, quitte à piocher dans leurs économies, a constaté le chef économiste du FMI, parlant de la mise en place d'un «cercle vertueux».

Une réforme fiscale entrée en vigueur en début d'année devrait encore donner un coup de pouce aux dépenses des ménages en permettant aux contribuables de payer neuf milliards d'euros en moins d'ici 2016.

L'emploi, gros point noir de l'économie

À cela s'ajoute la baisse de l'euro, qui soutient les exportations des pays utilisant la monnaie unique, et la dégringolade des cours du pétrole, d'autant plus bienvenue pour l'Espagne que le pays importe 80% de son énergie. Le ministre de l'Économie Luis de Guindos a récemment estimé que cette dernière pourrait permettre d'économiser jusqu'à 15 milliards d'euros cette année.

Pour la vice-présidente du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria, les bons points attribués par le FMI à l'Espagne consacrent la politique mise en place par l'équipe de Mariano Rajoy, alors que s'ouvre une année électorale cruciale.

«Peut-on dire pour autant que la crise est finie? Non», avertit Jésus Castillo. Le principal défi auquel reste confronté le pays est son taux de chômage, toujours proche des 24% au troisième trimestre 2014, soit le plus haut niveau de l'Union européenne derrière la Grèce, souligne l'économiste.

Un avis partagé par son homologue du FMI. «Le taux de chômage en Espagne reste trop élevé» et le taux de croissance prévu pour les années à venir ne suffira pas à le réduire rapidement, a prévenu Olivier Blanchard.

La banque espagnole BBVA prévoit qu'il faudra compter huit à dix ans pour espérer revenir au niveau de 2007, quand le taux de chômage était inférieur à 9%. De plus, si les entreprises espagnoles recommencent à embaucher, c'est à une écrasante majorité via des contrats temporaires.

Olivier Blanchard a aussi mis en garde mardi contre l'émergence de partis politiques pouvant avoir des «positions populistes» dans les pays frappés par le chômage, égratignant sans la nommer la formation antilibérale Podemos.

Créée il y a un an et issue du mouvement des Indignés opposé à la politique d'austérité de Mariano Rajoy, elle s'est hissée en quelques mois au plus haut dans les sondages, au coude à coude avec le Parti populaire (PP) au pouvoir, alors que vont se tenir des élections municipales et régionales en mai et législatives en novembre.

Il n'y a pas de quoi s'inquiéter pour autant, tempère Miguel Cardoso, économiste en chef de BBVA pour l'Espagne. «On ne voit aucun effet négatif dans le volume des investissements» en Espagne, preuve de la confiance portée à l'économie espagnole, a-t-il déclaré à l'AFP.




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