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L'industrie allemande en perte de vitesse

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La production de l'industrie allemande a accusé un recul bien plus fort que prévu de 4% en août sur un mois, selon l'Office fédéral des statistiques. Annoncées la veille, les commandes à l'industrie ont chuté de 5,7% ce même mois, leur plus gros plongeon depuis janvier 2009.

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Romain FONSEGRIVES
Agence France-Presse
Berlin

L'Allemagne espérait rebondir au troisième trimestre, mais la faiblesse de son industrie, confirmée par un nouvel indicateur mardi, menace sa croissance et alimente même les craintes d'une récession technique pour la première économie européenne.

La production de l'industrie allemande a accusé un recul bien plus fort que prévu de 4% en août sur un mois, selon l'Office fédéral des statistiques. Annoncées la veille, les commandes à l'industrie ont chuté de 5,7% ce même mois, leur plus gros plongeon depuis janvier 2009.

«C'est une mauvaise nouvelle pour la croissance au troisième trimestre, après que l'économie allemande a déjà calé au deuxième», où le Produit intérieur brut (PIB) s'est contracté de 0,2%, commentait Johannes Gareis, économiste chez Natixis.

La bonne santé du marché du travail - avec un chômage qui stationne à 6,7% - et de la consommation devraient pour l'instant permettre de compenser le passage à vide de l'industrie, explique de son côté Carsten Brzeski, économiste chez le bancassureur ING.

Mais «il est trop tôt pour dire (...) si cela sera assez pour éviter une récession technique, c'est-à-dire une autre contraction au troisième trimestre», avertit-il.

Pas de rebond avant 2015

Les analystes interrogés tablaient sur un recul beaucoup plus contenu de la production industrielle. L'indicateur, corrigé des variations de prix, calendaires et saisonnières, a également été revu à la baisse pour juillet (+1,6% contre +1,9% annoncé).

Des facteurs de calendrier ont joué dans la contre-performance d'août, notamment des vacances scolaires concentrées cette année sur ce seul mois, et non pas étalées comme d'habitude sur les deux mois d'été.

Mais la chute est «trop forte pour être expliquée par un facteur unique», souligne Carsten Brzeski. «L'incertitude grandissante, mais aussi le ralentissement bien réel de l'économie de la zone euro, des économies d'Europe de l'Est et des marchés émergents font des dégâts sur l'économie allemande», explique-t-il.

«Un rebond significatif du secteur manufacturier et donc de l'investissement n'arrivera probablement pas avant le début 2015», estime Christian Schulz, de la banque Berenberg.

«La conjoncture industrielle traverse actuellement une phase de faiblesse», a également reconnu le ministère de l'Économie, qui doit actualiser la semaine prochaine la prévision officielle de croissance du gouvernement pour 2014 et 2015. Celle de 1,8% pour cette année paraît trop optimiste.

Ce mardi le Fonds monétaire international (FMI) doit également publier un nouveau chiffre, et jeudi les principaux instituts de conjoncture allemands. Les grandes banques du pays ont pour la plupart déjà ajusté leurs anticipations en baisse, à l'image de Deutsche Bank qui mise dorénavant sur une hausse de 1,5% du PIB.

Mauvais augure

La confiance des entrepreneurs et des milieux d'affaires se dégrade depuis plusieurs mois, pour cause d'Ukraine mais pas seulement. Mercredi, la balance commerciale allemande devrait aussi révéler des exportations en baisse, selon de nombreux analystes.

«Même si le déclin de la confiance provoqué par l'agression dans l'est de l'Ukraine se terminait dans les prochains mois», la glissade de l'industrie «confirme nos attentes, selon lesquelles le PIB croîtra probablement peu sur la deuxième moitié de l'année», observe Christian Schulz.

Pour une zone euro qui peine à sortir la tête de l'eau, une Allemagne moins vigoureuse est de mauvais augure. Le pays représente à lui tout seul environ un tiers du PIB de l'union monétaire.

Le fléchissement allemand pourrait «forcer la BCE à rabaisser de nouveau ses prévisions (de croissance en zone euro) en décembre et provoquer un nouveau débat sur de nouvelles mesures d'aides, y compris un programme d'achats d'actifs à l'américaine, incluant des obligations d'États membres», avance Christian Schulz.

Une éventualité à laquelle Berlin est fermement opposé. Mais pour le moment le gouvernement d'Angela Merkel n'entend pas non plus changer de cap de politique économique: sa priorité, c'est un budget fédéral à l'équilibre l'an prochain, n'en déplaise à ses partenaires qui voudraient le voir investir.




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