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Merkel et Hollande s'attaquent au chômage

La chancelière allemande Angela Merkel et le président... (Photo Reuters)

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La chancelière allemande Angela Merkel et le président françcais Francois Hollande.

Photo Reuters

Hervé Asquin
Agence France-Presse
Paris

La chancelière allemande Angela Merkel est attendue en début d'après-midi jeudi à Paris pour adopter une contribution franco-allemande sur la croissance et l'emploi en vue du sommet européen de la fin juin, alors que les chiffres du chômage en France devraient atteindre un nouveau record absolu en avril.

Les nouvelles statistiques du chômage seront publiées au moment même où les deux dirigeants se retrouveront pour une conférence de presse, à 18h00 (midi heure de Montréal). Mais le premier ministre Jean-Marc Ayrault a déjà préparé les esprits dans une interview à la presse régionale, s'attendant à ce qu'ils ne «soient pas bons».

L'emploi et, singulièrement, l'emploi des jeunes, sera au coeur du sommet européen des 27 et 28 juin qui portera aussi sur les questions économiques, la croissance et la compétitivité. La contribution de Paris et de Berlin qui doit être rendue publique jeudi avant d'être soumise aux 25 autres capitales européennes s'inscrit dans cette perspective.

Il s'agira de la toute première contribution formelle des deux capitales à un sommet européen depuis l'élection de François Hollande.

La visite de la chancelière à Paris sera marquée aussi par les propos de François Hollande qui a vertement répliqué mercredi à la Commission européenne, estimant qu'elle n'avait «pas à dicter» à la France ce qu'elle avait «à faire» alors que Bruxelles lui demandait d'entamer une réforme des retraites dès cette année mais aussi de son marché du travail.

Les déclarations du président français sont «inappropriées», «virulentes» et «incompréhensibles», a commenté, parmi d'autres responsables politiques conservateurs ou libéraux allemands, Andreas Schockenhof, un cacique de la CDU, le parti de la chancelière.

Sur le chômage des jeunes qui frappe plus de la moitié d'entre eux en Espagne ou en Grèce et près d'un quart en France, François Hollande a donné dès mardi le coup d'envoi d'une initiative franco-allemande que les Vingt-Sept devraient parachever lors de ce même sommet européen.

Relation franco-allemande «stable»

En attendant, Angela Merkel et François Hollande se retrouvent ce jeudi pour une visite de travail au programme particulièrement chargé. À 15H30, les deux dirigeants ont rendez-vous au Louvre pour visiter l'exposition «De l'Allemagne, 1800-1939». Celle-ci a suscité une vive polémique lancée par deux grands organes de presse allemands qui ont dénoncé une vision réductrice de cette période, établissant un lien direct avec l'émergence du national-socialisme.

Le Louvre «a bricolé sa propre histoire de l'Allemagne, et cette histoire confirme tous les clichés du voisin sombre et romantico-dangereux», a ainsi pesté le quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ).

Dans ces circonstances, la présence de la chancelière est «plutôt courageuse», estime-t-on à l'Élysée.

Angela Merkel et François Hollande s'entretiendront ensuite à l'Élysée pendant une heure avant de se voir remettre officiellement un rapport très attendu «sur la compétitivité et la croissance» en Europe, signé de deux grands industriels, Jean-Louis Beffa, président d'honneur de Saint-Gobain, et Gerhard Cromme, président du conseil de surveillance de Siemens.

Après la conférence de presse, la journée s'achèvera par un dîner de travail.

À Paris, on affirme que les «éventuels tensions, distances ou froids dans la relation franco-allemande» évoqués par la presse ne sont qu'un «écho artificiel» et que le baromètre de la relation est «stable».

«Quand l'Allemagne et la France ne sont pas d'accord, vous vous interrogez et quand l'Allemagne et la France sont d'accord, vous vous inquiétez, je ne sais pas comment faire», avait lui-même plaisanté François Hollande mardi devant la presse.

Le «rapport Beffa-Cromme», indique-t-on à l'Élysée, compte une trentaine de propositions en matière de politique énergétique, commerciale, d'investissement, de concurrence ou de fiscalité parmi lesquelles Paris et Berlin comptent faire leur marché d'ici au sommet européen de la fin juin.

Pour l'Élysée cependant, l'idée est «de ne pas avoir une conception de l'Europe simplement fondée sur la concurrence» mais aussi sur «des développements longs et une coopération industrielle entre la France et l'Allemagne». Quant au coût de l'énergie, il «devient un problème pour les entreprises européennes» après avoir «tellement baissé aux États-Unis», observe-t-on.

Au menu de la rencontre de jeudi figure aussi le pacte de croissance de 120 milliards d'euros adopté un an plus tôt par le Conseil européen dont Paris voudrait bien qu'il se «traduise maintenant en termes concrets dans la réalité».

François Hollande et Angela Merkel évoqueront également l'approfondissement de l'union économique et monétaire lancée au même moment ou la coordination des politiques économiques à laquelle le président français a donné une nouvelle dimension lors de sa conférence de presse du 16 mai à l'Élysée avec sa proposition d'un «gouvernement économique européen».




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