En pleine campagne pour les élections du 6 mai, le Royaume-Uni a dévoilé jeudi un déficit public de plus de 176 milliards d'euros (234 milliards CAN) pour la période 2009-10, un record depuis la Deuxième Guerre mondiale.

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Ce déficit représente 10,9% du produit intérieur brut (PIB), selon les chiffres communiqués par l'Office national de la statistique. Le précédent déficit britannique était d'un peu plus de 100 milliards d'euros).

Les chiffres annoncé jeudi sont toutefois en deça des prévisions du gouvernement travailliste de Gordon Brown, qui tablait sur un trou de 192 milliards d'euros.

Le Royaume-Uni a été la dernière des principales économies européennes à sortir de la récession, après 18 mois de croissance négative qui ont coûté leur emploi à 1,3 million de personnes. La politique budgétaire à adopter pour accompagner la timide reprise britannique est l'un des enjeux de la campagne pour les élections générales du 6 mai.

«Le fait que les finances publiques soient, de façon modeste, moins atroces que l'on ne le craignait ne change rien, dans les faits, à la pagaille, a estimé jeudi Howard Archer, chef économiste à IHS Global Insight. Quel que soit le parti qui sera au pouvoir après les élections générales du 6 mai, il devra annoncer de nouvelles coupes budgétaires importantes et des augmentations d'impôts pour ramener les finances publiques à un niveau acceptable à moyen terme».

Le chef des conservateurs, David Cameron, s'est engagé à présenter un nouveau budget dans les semaines suivant le 6 mai, en cas de victoire aux élections. Il a promis un plan crédible et rapide pour endiguer les déficits.

Les travaillistes, eux, jugent prématurées de nouvelles coupes budgétaires, estimant que le gouvernement doit encore accompagner pendant quelques temps la reprise économique du pays.

Les économistes britanniques tablent sur une croissance timide de 0,4% pour le premier trimestre 2010, rythme qui était celui de la Grande-Bretagne au dernier trimestre 2009, au moment de sa sortie de récession.