L'économie mondiale va connaître une contraction de 2,6% cette année, selon les estimations des Nations unies, qui ont revu fortement à la hausse mercredi leurs prévisions économiques pour 2009. En janvier, l'ONU disait attendre une croissance négative de -0,5%.

ASSOCIATED PRESS

Dans son rapport à mi-année Situation et perspectives de l'économie mondiale 2009, le département des affaires économiques et sociales de l'ONU estime que les pays en développement ont été frappés de façon disproportionnée par la crise économique mondiale.

Alors que la crise est partie des pays riches, l'ONU note que les pays en développement ont souffert le plus des départs de capitaux, de la hausse des coûts du crédit, de l'effondrement du commerce mondial, de la baisse des prix des produits de base et de la chute des envois d'argent des travailleurs à l'étranger.

Sur une note plus optimiste, le rapport de l'ONU estime que si les mesures actuelles de relance de l'économie ont de l'effet, une légère reprise pourrait intervenir en 2010. Mais elle estime aussi que la récession mondiale pourrait se prolonger si les déséquilibres financiers ne sont pas compensés par des mesures concertées au niveau mondial.

Selon le rapport, l'économie mondiale a connu une croissance de près de 4% par an entre 2004 et 2007, et 2,1% en 2008. Mais la plupart des pays du globe sont désormais englués dans la plus grave crise économique et financière depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Entre septembre 2008 et mai 2009, la capitalisation de marché des banques européennes et américaines a chuté de 60% soit 2000 milliards de dollars. Et le commerce mondial a fortement décliné depuis la fin 2008, avec une baisse en rythme annuel de plus de 40% au premier trimestre.

Pour 2009, le volume du commerce mondiale baissera de plus de 11%, le plongeon le plus important depuis la Grande Dépression des années 30.

Le chômage a aussi augmenté rapidement en 2008 et devrait empirer en 2009-2010, selon le rapport. Les projections initiales de 50 millions de chômeurs au cours des deux prochaines années pourraient doubler si la situation continue de se dégrader, selon le rapport.

«Les leçons des crises financières passées montrent qu'il faut habituellement quatre à cinq ans pour que les taux de chômage reviennent aux niveaux d'avant la crise une fois que la reprise s'est installée», observe l'ONU.