Le marché des gros immeubles d'appartements se porte plutôt bien au centre-ville de Montréal, avec un afflux de transactions de plusieurs millions de dollars chacune.

Martin Vallières LA PRESSE

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Durant le trimestre terminé le 30 juin, au moins 12 transactions d'immeubles de 60 appartements et plus ont eu lieu pour une valeur totale de 207 millions de dollars, selon un relevé du courtier commercial CBRE Richard Ellis.

Au cours du trimestre précédent, de janvier à mars, au moins huit transactions totalisant 64 millions ont été enregistrées dans les quartiers centraux.

À ce rythme, la valeur totale des transactions d'immeubles d'appartements durant la première moitié de 2010, à plus de 270 millions, équivaut presque au total de toute l'année dernière.

«Ça traduit la confiance des investisseurs envers le marché du résidentiel locatif à Montréal. En fait, la stabilité relative de ce marché le rend attrayant face les incertitudes économiques et financières qui persistent», explique Germain Villeneuve, vice-président pour le locatif résidentiel chez CBRE Richard Ellis.

Chez son concurrent Colliers International, le directeur du bureau de Montréal, Paul Jussaume, abonde dans ce sens.

«Le marché montréalais est relativement stable et le financement demeure très avantageux. Par conséquent, on manque de bons immeubles à vendre par rapport à la demande d'investisseurs.»

À lui seul, le courtier CBRE Richard Ellis est intervenu au cours des reventes de trois immeubles, pour une valeur de 127 millions.

Parmi ces immeubles figure l'une des rares constructions d'importance en résidentiel locatif au centre-ville. Il s'agit du 1009, Bleury érigé il y a trois ans en face du Palais des congrès, entre le quartier des affaires et le Vieux-Montréal.

Cet immeuble s'est vendu 48 millions ou quelque 243 654$ par logement, un prix record. Le vendeur est le constructeur Canvar. L'acheteur est la filiale immobilière Oxford de la caisse de retraite Omers de Toronto.

«Ça peut sembler cher. Mais des immeubles d'appartements de cette qualité sont rarement disponibles au centre-ville. Et parce qu'il est presque neuf, cet immeuble nécessitera moins de dépenses d'entretien pour son nouveau propriétaire, avec des loyers plus élevés», explique M. Villeneuve, de CBRE Richard Ellis.

Des immeubles plus âgés ont aussi été revendus à bons prix récemment au centre-ville. Entre autres, sur l'avenue du Docteur-Penfield, le Place Elgin et ses 292 appartements, construit il y a 40 ans, vient d'être acheté par la Financière Sun Life pour 47 millions.

«Les acheteurs les plus actifs sont surtout des investisseurs institutionnels. Ils proviennent du Canada, mais aussi d'Europe et même du Moyen-Orient, avec des fonds souverains», indique M. Villeneuve.

Et pourquoi Montréal au lieu de villes d'importance aux États-Unis, par exemple, où les valeurs immobilières sont déprimées?

«Les prix sont très affaiblis dans plusieurs villes américaines parce que les taux d'inoccupation ont bondi ont à plus de 20%, comparativement à 3% seulement à Montréal. Dans ce contexte, le marché de Montréal apparaît comme un refuge de stabilité pour les investisseurs en gros immeubles d'appartements», selon M. Villeneuve.