La direction du fabricant d'équipement sportif Bauer a répondu en fin de journée hier aux rumeurs qui circulent à son sujet en indiquant continuer d'explorer des options de rechange « stratégiques ».

Mis à jour le 12 oct. 2016
Richard Dufour LA PRESSE

Les transactions sur le titre du fabricant d'équipement de hockey Bauer ont été suspendues une partie de la journée, hier à la Bourse de Toronto, après un bond soudain de 15 % en mi-séance. Les investisseurs réagissaient à une dépêche de l'agence Bloomberg selon laquelle le gestionnaire d'actifs torontois Brookfield Asset Management songeait à déposer une offre d'achat. Les transactions ont pu reprendre durant la dernière heure de la séance et l'action a clôturé en hausse de 8 %, à 5,24 $.

« Comme annoncé précédemment, le conseil d'administration a formé un comité extraordinaire qui continue de réviser et d'évaluer des options de rechange stratégiques. L'entreprise et ses conseillers ont eu des discussions avec des parties intéressées, mais aucune entente n'est survenue avec une tierce partie », a fait savoir la société dans un communiqué.

Brookfield est devenue dans les dernières semaines le deuxième actionnaire en importance de Performance Sports Group en accumulant une participation de 13 %. Plus tôt cette année, Power Corporation, par l'entremise de sa filiale Sagard Capital, avait acheté plusieurs blocs d'actions pour élever son emprise sur Performance Sports Group à 17 %.

Appelée à réagir, la porte-parole de Brookfield, Suzanne Fleming, est demeurée discrète. « Nous ne commenterons pas. Désolé de ne pouvoir aider davantage. »

Chez Power Corporation, Stéphane Lemay, qui est vice-président, chef du contentieux et secrétaire, a lui aussi fait preuve de réserve.

« Nous ne sommes bien sûr pas en mesure de commenter les investissements faits par une tierce partie », a-t-il indiqué en faisant référence à Brookfield. « De plus, nous avons comme politique de ne jamais commenter nos décisions d'investissement futures », a-t-il ajouté.

« ÇA N'A AUCUN SENS »

Le Sherbrookois Graeme Roustan, qui a été président du conseil d'administration de Bauer de 2008 à 2012 et qui critique ouvertement la direction de Performance Sports Group depuis deux ans, se demande comment une offre pourrait être déposée maintenant.

« Performance Sports Group n'a toujours pas publié ses états financiers vérifiés. Brookfield, Blackstone, KKR ou d'autres ne font pas d'offres d'achat sur des entreprises qui n'ont pas présenté de résultats financiers vérifiés. Ça n'a aucun sens. » - Graeme Roustan, ancien président du conseil d'administration de Bauer

À la mi-août, la direction de Performance Sports Group avait dit ne pas être en mesure de déposer à temps ses états financiers annuels vérifiés en raison d'une enquête interne menée par son comité d'audit. La même semaine, les dirigeants avaient indiqué que l'entreprise faisait l'objet d'une enquête de la Securities and Exchange Commission et des autorités réglementaires canadiennes.

Aucune nouvelle date n'a été fixée pour la tenue de l'assemblée annuelle des actionnaires, qui devait avoir lieu la semaine dernière.

Performance Sports Group est lourdement endettée depuis l'acquisition, il y a deux ans, du fabricant d'équipement de baseball et de softball Easton. La société avait perdu 66 % de sa valeur boursière en une seule séance en mars après avoir lancé un avertissement au sujet de sa rentabilité.

Performance Sports Group avait son siège social à Montréal il y a une quinzaine d'années à l'époque où l'entreprise portait le nom de Bauer. La société est aujourd'hui dirigée à partir d'Exeter, dans le New Hampshire, mais compte toujours une centaine d'employés à son Centre d'innovation de Blainville, dans les Laurentides.