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Alstom doit se réunir mardi sous forte pression de l'État

Inquiets du sort d'Alstom, quelques dizaines de syndicalistes... (PHOTO LIONEL BONAVENTURE, AFP)

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Inquiets du sort d'Alstom, quelques dizaines de syndicalistes CGT et FO se sont rassemblés mardi pour protester contre «le démantèlement» de l'industriel, devant le siège de sa division transports à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) où se tenait un comité central d'entreprise (CCE).

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Martine PAUWELS
Agence France-Presse
Paris

Un conseil d'administration décisif doit se tenir mardi en fin de journée chez Alstom, dont les activités énergétiques sont convoitées par l'américain General Electric et l'allemand Siemens, et alors que le groupe est sous pression de l'État qui demande à l'Autorité des marchés financiers de vérifier la transparence des discussions.

Le fleuron industriel français, en difficulté, a décidé de maintenir son conseil d'administration en fin de journée, même si, selon une source proche du dossier, l'État estime qu'il doit prendre plus de temps pour examiner toutes les offres.

Dernier rebondissement de ce qui devient un feuilleton à suspense: les pouvoirs publics, qui semblent vouloir jouer la montre, vont saisir mardi l'Autorité des marchés financiers (AMF) pour s'assurer de la transparence du processus de vente.

L'État veut s'assurer que ce processus soit «ouvert, transparent et non discriminatoire», a indiqué à l'AFP une source proche du dossier, confirmant une information du journal Le Monde.

«C'est l'instruction qui a été passée au commissaire du gouvernement» auprès de l'AMF, a précisé une autre source.

Alstom était en discussions avancées avec l'américain General Electric pour lui céder ses activités énergie, mais l'allemand Siemens a avancé dimanche une contreproposition en se disant prêt à reprendre ces activités contre une somme en numéraire, à laquelle s'ajouterait une partie de son activité transports et une garantie pour les emplois en France.

Siemens, qui n'a toutefois pas encore déposé d'offre formelle, a demandé de pouvoir accéder aux mêmes informations que celles dont dispose son concurrent américain.

Selon une source proche du dossier, l'Allemand devrait confirmer ses intentions lors d'un conseil de surveillance extraordinaire dans la matinée.

L'État français n'est plus depuis 2006 actionnaire d'Alstom, qu'il avait sauvé de la faillite deux ans auparavant. Mais refusant «le fait accompli», le gouvernement, qui a mis la lutte contre le chômage et la désindustrialisation de la France au coeur de son projet politique, s'est invité avec force dans le dossier.

Syndicats inquiets

Le président de la République est ainsi monté en première ligne lundi pour piloter depuis l'Élysée les discussions avec les prétendants au rachat de la branche énergie de l'industriel français.

François Hollande a revendiqué haut et fort l'intervention de l'État, joignant le geste à la parole en recevant tour à tour les protagonistes du dossier à l'Élysée, à l'exception notable du patron d'Alstom, Patrick Kron.

Ses priorités: l'activité et l'emploi, sur lesquelles il a demandé des garanties. «L'État a forcément son mot à dire» dans ce dossier, a-t-il dit. Il «maîtrise l'indépendance de la France en matière énergétique» et doit veiller à l'amélioration des offres avec pour «seul critère», la «création d'activité et l'emploi» en France.

À l'issue d'un conseil d'administration extraordinaire, Alstom avait indiqué dimanche se donner jusqu'à mercredi matin pour poursuivre et approfondir «sa réflexion stratégique».

En attendant, la cotation du titre reste suspendue à la Bourse de Paris.

Inquiets du sort d'Alstom, quelques dizaines de syndicalistes CGT et FO se sont rassemblés mardi pour protester contre «le démantèlement» de l'industriel, devant le siège de sa division transports à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) où se tenait un comité central d'entreprise (CCE).

Les organisations syndicales devaient ensuite être reçues par le ministre de l'Économie, Arnaud Montebourg, pour lui demander une nationalisation partielle et temporaire du groupe, en reprenant la part de l'actionnaire principal Bouygues (29,4%), qui souhaite se désengager du capital pour des raisons stratégiques.

Une demande relayée par Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de Gauche (PG), pour qui Alstom doit rester «sous souveraineté française».

À Berlin, le ministère allemand de l'Économie a plaidé ouvertement lundi pour un rapprochement Alstom/Siemens qui constituerait selon lui une «grande chance et un gros potentiel» pour les politiques industrielles allemande et française, alors que François Hollande lui-même avait appelé de ses voeux un «Airbus de l'énergie» encore dans les limbes.

Un scénario qui aurait également la préférence de M. Montebourg, même si Patrick Kron y est viscéralement opposé. «En fait on a deux solutions pour l'instant (...), soit on se fait racheter, pour prendre une image qui serait familière aux Français, par Boeing, soit on décide de construire Airbus», a affirmé le ministre.

L'opposition s'est elle montrée critique envers l'attitude du gouvernement. L'ancien Premier ministre UMP Jean-Pierre Raffarin s'est demandé si la France était «pilotée», en dénonçant une «absence» de stratégie industrielle de l'État, tandis que l'ancien ministre UMP François Baroin a estimé que M. Montebourg faisait «plus de mal que de bien à l'économie générale».




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