Les syndiqués de l'usine de Québec de Papiers White Birch ont rejeté massivement l'offre patronale, mercredi soir.

Publié le 11 janv. 2012
LA PRESSE CANADIENNE

Estimant que les concessions demandées par l'employeur étaient trop importantes, les travailleurs de l'usine Stadacona ont refusé l'offre qui leur avait été soumise vendredi dernier dans une proportion de 91 pour cent.

En vertu des offres patronales, les employés auraient dû encaisser des réductions salariales allant jusqu'à 21 pour cent, selon Renaud Gagné, vice-président du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP) de Québec.

Mais ce sont surtout les propositions concernant les régimes de retraite qui ont suscité le mécontentement. Alors que les travailleurs âgés de plus de 55 ans auraient perdu 45 pour cent de la valeur de leur rente, les employés de moins de 55 ans l'auraient vu fondre de 65 pour cent, a signalé M. Gagné.

Celui-ci a fait remarquer que les employés des deux autres usines White Birch, situées à Rivière-du-Loup et à Masson, avaient rejeté à près de 100 pour cent des offres patronales moins désavantageuses qui auraient entraîné une perte d'environ 25 pour cent pour les retraités et les employés encore actifs combinée à la mise en place d'un régime de retraite à prestation déterminée.

La direction avait affirmé que sa proposition faite aux syndiqués de l'usine de Québec était la dernière occasion d'éviter une fermeture permanente de l'usine. Elle ajoutait que sans baisse de salaire, des prestations de retraite et d'autres coûts, l'usine ne survivrait pas.

«En fait, l'entreprise a décidé de fermer Québec, et quand on est allés devant les tribunaux pour faire la démonstration que c'était un lock-out déguisé (...), elle avait déclaré qu'elle ferait des offres à Rivière-du-Loup et à Masson, mais pas à Québec, a tranché Renaud Gagné. Là, le problème, c'est qu'ils déposent des offres pires que les autres.»

La partie syndicale n'a pas lancé la serviette pour autant. M. Gagné a indiqué que le SCEP s'adresserait dès jeudi au ministère du Travail afin de demander une intervention spéciale dans le dossier pour ramener l'employeur à la table de négociation.

«L'employeur a fait toutes les tentatives pour tenter de diviser, d'imposer et d'obtenir des concessions qui sont inacceptables, donc ce que les gens souhaitent, c'est qu'on se rassoie à la table et qu'on trouve une façon de résoudre le dossier dans les meilleurs délais possibles», a indiqué M. Gagné, selon qui l'industrie doit trouver d'autres moyens de réaliser des économies que d'aller «chercher de l'argent dans les poches des retraités».

La Presse Canadienne a tenté en vain d'entrer en contact avec la partie patronale, mercredi soir.

Papiers White Birch est sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies depuis février 2010. La papetière est fermée depuis le 9 décembre.