Le fabricant montréalais de jouets Mega Brands (T.MB) a renoué avec la rentabilité au quatrième trimestre, alors qu'une hausse des ventes de ses jouets de construction a permis de compenser la baisse de celles de son secteur de la papeterie et des jeux d'activités.

Mis à jour le 17 mars 2011
Ross Marowits LA PRESSE CANADIENNE

L'entreprise a affiché jeudi un bénéfice net de 10,2 millions $ US, ou 1 cent US par action, au cours de la période de trois mois terminée le 31 décembre, un résultat largement supérieur à la perte nette de 22,1 millions $ US, ou 60 cents US par action, subie lors de la même période il y a un an.

Aucun quatrième trimestre de Mega Brands n'avait été aussi rentable depuis 2005.

Le bénéfice d'exploitation a augmenté et s'est établi à 14,5 millions $ US, comparativement à 4,9 millions $ US au quatrième trimestre de 2009.

Ces dernières années, Mega Brands a fait face à une lourde dette et à une diminution de ses parts de marché.

Toutefois, la compagnie est parvenue à améliorer ses résultats au fil des derniers trimestres, alors que la catégorie des jouets de construction en plastique, incluant les populaires Mega Bloks destinés aux enfants d'âge préscolaire, a connu une hausse des ventes de plus de 10 pour cent, supérieure à celle enregistrée par toute l'industrie du jouet.

Le chiffre d'affaires de l'entreprise a augmenté de quatre pour cent pour atteindre 111,8 millions $ US, grâce à une poussée de 13 pour cent des ventes de jouets. Il se situait à 107,3 millions $ US au quatrième trimestre de 2009.

Sur l'ensemble de l'exercice 2010, Mega Brands a vu ses ventes augmenter de neuf pour cent, à 368 millions $ US, contre 338,9 millions $ US un an plus tôt, malgré la chute de 11 pour cent des revenus tirés de ses activités dans le secteur de la papeterie et des jeux d'activités.

Tous secteurs confondus, les ventes ont augmenté de trois pour cent en Amérique du Nord et de 20 pour cent sur les marchés internationaux.

Mega Brands a enregistré un bénéfice net de 125,9 millions $ US, ou 28 cents US par action, en 2010, comparativement à un bénéfice net de 10,7 millions $ US, ou 29 cents US par action, lors de l'exercice précédent.

Le bénéfice d'exploitation a été de 35,1 millions $ US, en hausse par rapport à celui de 21,8 millions $ US de 2009.

«Nous sommes heureux de notre performance en 2010, avec des ventes et des marges bénéficiaires supérieures à celles de 2009», a affirmé le président et chef de la direction de Mega Brands, Marc Bertrand, à l'occasion d'une conférence téléphonique.

«Notre bénéfice avant intérêts, impôts et amortissements (BAIIA) a augmenté, et nous avons terminé l'année en meilleure position financière», a-t-il ajouté.

Le BAIIA a progressé de 13 pour cent, à 45,3 millions $ US, pour l'exercice. Il a été de 17 millions $ US au quatrième trimestre.

Selon M. Bertrand, les activités de papeterie et de jeux d'activités verront leurs ventes diminuer au cours des deux prochains trimestres, avant de reprendre dans la dernière moitié de l'année.

Mega Brands a embauché l'ancien dirigeant de Crayola Tom Prichard pour transformer ce segment, qui éprouve des difficultés depuis 2007.

L'analyste Gerrick Johnson, de BMO Marchés des capitaux, estime que si quelqu'un peut redresser ce secteur, c'est bien M. Prichard.

«Nous allons lui accorder le bénéfice du doute, mais si nous ne voyons pas d'amélioration vers la fin de 2011, alors certaines personnes vont peut-être commencer à jeter l'éponge», a-t-il indiqué.

Selon M. Johnson, les résultats de Mega Brands sont «un peu légers» pour le trimestre, mais cela n'est pas une source de grande inquiétude pour l'instant.

L'action de Mega Brands a cédé jeudi 4 cents, soit 6,3 pour cent, à la Bourse de Toronto, où elle a clôturé à 60 cents.