La Banque centrale américaine (Fed) a estimé lors de sa dernière réunion monétaire en décembre où elle avait relevé les taux d'intérêt, qu'elle pouvait « se permettre d'être patiente » avant de procéder à de futurs tours de vis, selon un compte rendu cette réunion publié mercredi.

Mis à jour le 9 janv. 2019
AGENCE FRANCE-PRESSE

Même si tous les membres du Comité monétaire avaient voté en faveur de cette 4e hausse de l'année le 19 décembre, plusieurs participants auraient préféré les laisser en l'état alors que des craintes d'un ralentissement économique ont rendu les marchés financiers très nerveux.

Les participants se sont dits frappés par « le contraste entre la solidité des données économiques et les inquiétudes des marchés financiers » vis-à-vis des risques de ralentissement liés aux tensions commerciales et à l'affaiblissement de l'activité à l'étranger.

L'invitation à la « patience » fait écho aux commentaires du patron de la Fed Jerome Powell la semaine dernière qui, en évoquant la prudence, a rasséréné les marchés qui n'avaient pas bien accueilli la dernière hausse des taux de décembre, pourtant déjà inscrite dans les prévisions.

Les membres du Comité ont donc été très attentifs au fait que « les marchés financiers ont été volatils et que les conditions financières se sont durcies, avec un déclin important du prix des actions ».  

Mais dans le même temps, ils continuent à souligner « la force persistante de l'économie » que reflètent les dépenses des ménages et des entreprises ainsi que la vigueur du marché de l'emploi.

Le Comité a longuement discuté des risques que court la première économie mondiale, même s'il les considère comme « équilibrés ». La liste des nuages revient à plusieurs reprises dans ces minutes de la réunion que ce soit la possibilité « d'un ralentissement mondial plus prononcé, la dilution plus rapide de l'impact positif des réductions d'impôts, une escalade des tensions commerciales ou encore un durcissement plus prononcé des conditions financières ».

Situés désormais entre 2,25 % et 2,50 %, les taux au jour le jour que les banques se facturent entre elles et qui conditionnent le coût de tous les crédits, se situent « au niveau ou proche du bas de l'échelle du taux neutre à long terme », le taux idéal qui ne restreint ni ne dope trop l'économie.

Le Comité monétaire entend en outre abandonner, dans sa politique de communication, son message dit « d'orientation monétaire » (« forward guidance ») pour souligner qu'il va devenir davantage « dépendant des données économiques ».  

Les indications d'orientation monétaire où la Fed promettait par exemple de conserver une politique « accommodante » à moyen terme avaient été adoptées par la Réserve fédérale après la crise financière de 2008 pour conforter les acteurs financiers dans l'assurance d'une reprise durable soutenue par une politique de l'argent bon marché.