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Il faudra plus qu'une bonne statistique pour redresser l'économie

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Le Capitole de Washington

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Marc Jourdier
Agence France-Presse
Washington

La lueur d'espoir suscitée par la bonne tenue des ventes de détail aux États-Unis en janvier et février a été rapidement éteinte par leur chute de mars, venue rappeler qu'il faudra plus qu'une bonne statistique avant de voir l'économie américaine se redresser.

Selon les chiffres corrigés des variations saisonnières publiés mardi par le département du Commerce, les ventes de détail aux États-Unis sont reparties en baisse en mars, de 1,1% par rapport au mois précédent, après une hausse de 0,3% en février et de 1,9% en janvier.

Cette baisse a surpris les analystes, qui tablaient sur une hausse de 0,3%, même si plusieurs avaient déjà prévenu le mois dernier que le rebond des ventes de détail risquait fort de ne pas être durable.

Tout en disant voir des signes de progrès sur le plan économique, le président américain Barack Obama a d'ailleurs répété que «2009 (allait) rester une année difficile pour l'économie américaine».

«La sévérité de cette récession va causer davantage de suppressions d'emplois, davantage de saisies immobilières et davantage de souffrances avant que l'année ne s'achève», a-t-il ajouté, lors d'un discours à Washington.

L'indice des ventes de détail ne prend pas en compte les variations de prix mais donne une bonne idée de la tendance de la consommation des ménages, qui assure en temps normal environ les deux tiers du produit intérieur brut américain

Son niveau de mars était inférieur de 9,4% par rapport à ce qu'il était un an plus tôt.

Pour l'économiste indépendant Joel Naroff, «la forte baisse, inattendue, des ventes de détail témoigne du fort degré d'incertitude des consommateurs vis-à-vis de la reprise».

Néanmoins, estime-t-il, «les dépenses de consommation des ménages ont augmenté bien plus fortement qu'aucun d'entre nous aurait pu l'imaginer au premier trimestre. Donc, un mois de recul ne devrait rien avoir de surprenant».

Malgré la baisse de mars, plusieurs analystes estiment en effet comme M. Naroff que la consommation des ménages a contribué de manière positive au PIB au premier trimestre. Au dernier trimestre de 2008, en revanche, celle-ci avait chuté comme jamais depuis 1980, tombant de 4,3% en rythme annuel, et contribuant massivement au recul de 6,3% du produit intérieur brut.

Pour Patrick Newport, du cabinet d'études économiques IHS Global Insight, la première estimation de mars tend toutefois «à décourager ceux qui pensaient que les dépenses de consommation avaient touché le fond».

«N'attendez-pas (de forte hausse de la consommation) de sitôt», prévient aussi M. Naroff.

En effet, explique Paul Ferley, économiste à la Banque royale du Canada, «pour que la consommation des ménages maintienne sa hausse dans les trimestres à venir, il faudra que le rythme des licenciements diminue pour faire en sorte que les foyers aient les fonds nécessaires».

Selon les derniers chiffres officiels, le taux de chômage américain atteignait 8,5% en mars, son plus haut niveau depuis fin 1983.

Bien qu'un consensus commence à se dessiner sur le fait que l'économie américaine pourrait croître de nouveau à partir de 2010, et peut-être avant la fin de l'année, nombre d'économistes s'attendent que le chômage continue de monter jusqu'au milieu de l'année prochaine, et qu'il dépasse 10%.

Pour le président de la réserve fédérale (Fed), Ben Bernanke, il y a «des signes timides que la forte baisse de l'activité économique pourrait être en train de ralentir». Mais le chemin de la reprise est encore long et cahoteux.




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